Les combattants kurdes du PKK au nord de l'Irak vont remettre leurs armes dans le cadre d’un processus de paix
Les combattants kurdes du PKK au nord de l'Irak vont remettre leurs armes dans le cadre d’un processus de paix

3 juillet 2025 – Irbil, Irak (AP) – Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement armé kurde engagé depuis plus de 40 ans dans un conflit avec la Turquie, a annoncé jeudi que ses combattants basés dans le nord de l’Irak commenceront à remettre leurs armes, marquant ainsi la première étape concrète de leur processus de désarmement.

Cette décision fait suite à l’annonce en mai dernier de la dissolution prochaine du PKK et de l’abandon de la lutte armée, après l’appel lancé en février par son chef historique emprisonné, Abdullah Öcalan. Âgé de 76 ans et détenu en isolement depuis 1999 sur une île près d’Istanbul, Öcalan conserve une forte influence sur le mouvement kurde.

Dans une déclaration diffusée jeudi, le PKK a indiqué qu’« un groupe de guérilleros descendra des montagnes et fera ses adieux aux armes pour témoigner de sa bonne volonté en faveur de la paix et de la politique démocratique ». Cette cérémonie, prévue entre les 10 et 12 juillet à Souleimaniyeh, dans la région kurde semi-autonome d’Irak, constituera un symbole fort de désescalade.

Zagros Hiwa, porte-parole du PKK, a précisé que les armes seront détruites sous la supervision d’organisations de la société civile et de parties intéressées. Le nombre de combattants impliqués devrait être compris entre 20 et 30.

Hiwa a toutefois souligné que pour que d’autres étapes vers le désarmement aient lieu, des changements seront nécessaires : « le régime d’isolement imposé à Öcalan doit être levé » et des garanties politiques et juridiques doivent permettre aux ex-combattants de rejoindre un processus démocratique en Turquie.

Un responsable kurde irakien, sous couvert d’anonymat, a affirmé que les armes légères seront remises aux autorités régionales du Kurdistan irakien. Cette région est partagée entre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), proche d’Ankara, et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), historiquement plus proche du PKK.

En Turquie, le porte-parole du parti présidentiel AKP, Omer Celik, avait déclaré lundi que la remise des armes pourrait commencer « dans les prochains jours », et que des discussions avec des représentants du parti pro-kurde étaient prévues.

Aucune réaction immédiate du gouvernement turc n’a suivi l’annonce de jeudi.

Le PKK, considéré comme organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Union européenne, a longtemps maintenu des bases dans les montagnes du nord de l’Irak. Les opérations militaires turques dans la région ont provoqué le déplacement de nombreux habitants.

Le gouvernement irakien avait officiellement interdit le PKK en 2024, renforçant sa posture face à l’ingérence perçue dans ses relations avec la Turquie.

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