Le gouvernement britannique a annoncé mercredi de nouvelles sanctions visant les compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft, ainsi qu’un ensemble de mesures destinées à perturber le réseau de navires dits de la « flotte fantôme » utilisé pour exporter illégalement le pétrole russe. Londres affirme vouloir ainsi réduire les revenus énergétiques du Kremlin, essentiels au financement de la guerre en Ukraine.
Selon le ministère britannique des Affaires étrangères, ces sanctions visent à « frapper au cœur l’économie de guerre de la Russie » en restreignant la capacité de ses entreprises pétrolières à commercer et à assurer le transport de brut à l’étranger. Les nouvelles mesures incluent également des interdictions d’assurance et de services logistiques pour plusieurs dizaines de navires soupçonnés de contourner le plafonnement des prix du pétrole imposé par les pays du G7.
Lukoil et Rosneft, deux géants considérés comme stratégiquement vitaux pour Moscou, sont accusés par Londres de continuer à alimenter le budget russe en dépit des sanctions internationales. Ces sociétés figurent déjà sur plusieurs listes de sanctions occidentales, mais le Royaume-Uni affirme intensifier désormais la pression sur leurs réseaux commerciaux et leurs partenaires.
Des experts du secteur pétrolier estiment que ces nouvelles mesures compliqueront davantage le transport maritime du brut russe, déjà contraint de recourir à des circuits parallèles via des intermédiaires et des pavillons de complaisance. « Cette décision va accroître les coûts, réduire la disponibilité des assureurs et perturber la logistique du commerce maritime russe », a expliqué un trader basé à Londres cité par Reuters.
Le Royaume-Uni, l’Union européenne et les États-Unis coordonnent depuis plusieurs mois une stratégie commune pour limiter les revenus pétroliers de la Russie. Londres affirme que le renforcement du contrôle sur la flotte fantôme marque une étape supplémentaire dans sa volonté d’empêcher Moscou de financer son effort de guerre à travers des exportations énergétiques détournées.