Ce dimanche marque une étape historique dans le conflit israélo-palestinien : le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie ont officiellement reconnu l’État de Palestine. Cette annonce est intervenue à la veille de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, où d’autres pays, dont la France, doivent suivre cette démarche. Londres, Ottawa et Canberra affirment vouloir relancer la perspective d’une solution à deux États et donner un nouvel élan au processus de paix, alors que la guerre fait rage dans la bande de Gaza.
Pour le Royaume-Uni, cette reconnaissance a une portée symbolique particulière, car le pays avait administré la Palestine sous mandat britannique avant la création de l’État d’Israël en 1948. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné que cette décision vise à redonner espoir aux Palestiniens comme aux Israéliens, tout en rappelant que le Hamas n’aura aucun rôle à jouer dans l’avenir politique de la Palestine.
De son côté, le Premier ministre canadien Mark Carney a estimé que le gouvernement israélien actuel empêche toute perspective de création d’un État palestinien viable. L’Australie a pour sa part indiqué que sa décision s’inscrivait dans un effort international coordonné, appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza et à la libération des otages.
Réactions palestiniennes
Du côté palestinien, le président Mahmoud Abbas a salué la reconnaissance du Royaume-Uni comme une étape décisive vers une paix juste et durable. Selon lui, ce geste ouvre la voie à l’application concrète de la solution à deux États, permettant la coexistence entre Israël et la Palestine dans la sécurité, la paix et le bon voisinage.
Le Hamas, par la voix de Mahmoud Mardawi, a lui aussi réagi en affirmant qu’il s’agissait d’une victoire pour les droits du peuple palestinien et pour la légitimité de sa cause. Selon lui, aucune occupation, quels que soient ses crimes, ne pourra effacer les droits nationaux palestiniens.
Colère et fermeté israéliennes
À Tel-Aviv, la réaction du gouvernement israélien a été immédiate et particulièrement ferme. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré dans une vidéo adressée aux dirigeants occidentaux que la reconnaissance d’un État palestinien, moins d’un an après les attaques du 7 octobre 2023, constituait selon lui une “récompense au terrorisme”. Il a affirmé avec force : “Aucun État palestinien ne verra le jour à l’ouest du Jourdain”.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a pour sa part appelé à une réponse radicale : l’annexion des territoires de Judée-Samarie (Cisjordanie) et l’abandon définitif de toute idée d’État palestinien. Plusieurs responsables de la droite nationaliste israélienne ont également exhorté le gouvernement à appliquer la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie pour contrer cette décision internationale.
Vers un tournant diplomatique ?
Cette reconnaissance coordonnée du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie pourrait marquer un tournant dans la dynamique diplomatique internationale. La France et une dizaine d’autres pays européens doivent emboîter le pas lors de l’Assemblée générale de l’ONU, accentuant ainsi l’isolement d’Israël sur la scène mondiale.
Alors que les opérations militaires se poursuivent dans Gaza-ville et que la tension reste maximale en Cisjordanie, cette annonce ravive le débat sur l’avenir du processus de paix. Entre l’espoir palestinien d’une légitimité accrue et la détermination israélienne à s’y opposer, la reconnaissance de l’État de Palestine par trois puissances occidentales pourrait bien redessiner les équilibres politiques du Moyen-Orient.