Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno est attendu jeudi à l’Élysée pour un entretien avec Emmanuel Macron, première rencontre de ce niveau depuis la dégradation des relations entre les deux pays. Ce rendez-vous intervient plus d’un an après la dénonciation par N’Djamena des accords de coopération militaire et le départ complet des forces françaises, tournant symbolique dans une relation longtemps structurée par les enjeux sécuritaires.
Pour les autorités tchadiennes, cette visite marque l’ouverture d’une phase nouvelle. Le pouvoir de Mahamat Idriss Déby Itno affirme vouloir refonder le dialogue avec Paris sur des bases strictement souveraines, rompant avec les mécanismes hérités de la période postcoloniale. La coopération n’est pas exclue, mais elle doit désormais s’inscrire dans un cadre redéfini et assumé.
Une relation repensée après la fin du partenariat stratégique
Côté français, l’Élysée évoque un partenariat « renouvelé », sans en préciser les contours. Paris cherche avant tout à maintenir un lien politique avec un État qui fut longtemps un pilier de son dispositif au Sahel, dans un contexte régional marqué par le recul de l’influence française et la recomposition des alliances africaines.
Depuis son élection en 2024, Mahamat Idriss Déby Itno a accéléré la diversification diplomatique du Tchad, en se rapprochant notamment des Émirats arabes unis, de la Turquie et de la Russie. La rencontre de jeudi ne signe donc pas un retour au statu quo, mais une tentative de normalisation prudente, où chacun teste les limites d’un nouveau rapport de forces, débarrassé de la tutelle militaire qui dominait jusqu’ici la relation bilatérale.