Le président syrien Sharaa espère éviter un conflit avec les Kurdes malgré l’impasse des négociations
Le président syrien Sharaa espère éviter un conflit avec les Kurdes malgré l’impasse des négociations

AMMAN — Le président syrien Ahmed al-Sharaa a exprimé son espoir que son pays puisse éviter un affrontement militaire avec les forces kurdes soutenues par les États-Unis, alors que les discussions sur l’intégration de l’administration autonome du nord-est syrien dans les structures de l’État restent au point mort.

S’exprimant samedi devant des notables d’Idlib, où ses forces loyalistes sont mobilisées, Sharaa a rappelé qu’un accord historique avait été signé en mars pour placer les zones administrées par les Kurdes sous l’autorité de Damas. Mais il a reproché aux responsables kurdes de ne pas traduire leurs engagements en actes. « Parfois, sur le terrain, les signaux envoyés sont contraires à ce qui est dit à la table des négociations », a-t-il déclaré.

Le président syrien a néanmoins souligné que les deux principaux parrains de l’accord, Washington et Ankara, cherchaient à résoudre la question de manière pacifique. « Ces parties poussent pour une solution pacifique. J’espère que nous n’entrerons pas dans un conflit. Je suis optimiste qu’en quelques mois nous parviendrons à une résolution », a-t-il affirmé.

Depuis l’échec des discussions de suivi, les tensions se sont accrues dans la région. De nouveaux affrontements ont éclaté ce mois-ci entre les troupes gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes mais soutenues par les États-Unis. Ces dernières ont renforcé leurs réseaux de tunnels le long des lignes de front, tandis que des tribus arabes locales les accusent de discrimination, ce que les responsables kurdes nient.

Parallèlement, les factions soutenues par la Turquie ont également consolidé leurs positions, redoutant une escalade à grande échelle. Ankara, qui considère les FDS comme une organisation terroriste, a menacé d’intervenir militairement si ses préoccupations sécuritaires ne sont pas prises en compte.

La situation a été compliquée par un récent congrès des FDS appelant à plus de décentralisation et à une révision de la déclaration constitutionnelle jugée discriminatoire envers les minorités, ce que Damas a dénoncé comme une menace à l’intégrité territoriale du pays.

Sharaa a insisté sur le fait que ceux qui rêvaient de partition « se berçaient d’illusions » et que la Syrie ne céderait « aucun pouce de son territoire ». Il a également fustigé les groupes druzes qui ont sollicité l’appui d’Israël, après de violents affrontements dans la province de Soueida ayant fait des centaines de morts. Reconnaissant des « violations » commises par les forces de sécurité et l’armée, il a toutefois accusé les milices druzes d’avoir elles aussi commis des exactions.

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