Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé dimanche qu’il retirait ses combattants de Turquie pour les repositionner dans le nord de l’Irak, dans un geste présenté comme une nouvelle étape vers la paix avec Ankara. Cette décision intervient après une cérémonie symbolique de désarmement organisée plusieurs mois auparavant.
Lors d’une conférence de presse à Qandil, fief historique du mouvement, Sabri Ok, représentant de l’Union des communautés du Kurdistan, a affirmé que cette décision visait à « éviter tout affrontement ou provocation ». Le retrait, a-t-il précisé, a été approuvé par le chef historique du PKK, Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999 sur l’île turque d’Imrali. L’organisation réclame désormais des « concessions politiques et juridiques » de la part de l’État turc pour que le processus aboutisse.
Ankara salue une avancée « significative »
Le porte-parole du parti du président Recep Tayyip Erdogan, Ömer Çelik, a salué une étape « concrète » dans la mise en œuvre de la feuille de route pour une « Turquie sans terrorisme ». Il a toutefois mis en garde contre d’éventuelles « provocations » visant à saboter le processus. Un autre responsable, Efkan Ala, a qualifié ce retrait d’« étape clé vers l’élimination du terrorisme ».
Le président Erdogan doit rencontrer cette semaine un groupe de députés kurdes ayant récemment échangé avec Öcalan. Parallèlement, une commission parlementaire de 51 membres planche sur des réformes légales et politiques destinées à consolider la réconciliation nationale.
Une paix encore fragile entre espoirs et méfiance
Du côté kurde, la méfiance demeure. Le porte-parole du PKK, Zagros Hiwar, a déploré « l’absence de signes d’un véritable changement de mentalité » au sein de l’État turc, soulignant que la langue kurde reste interdite au Parlement et qu’Öcalan est toujours détenu depuis 27 ans.
Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, Washington et Bruxelles, avait lancé son insurrection armée en 1984 pour réclamer un État kurde indépendant avant d’évoluer vers une revendication d’autonomie. Après plusieurs tentatives avortées de paix, dont la dernière remonte à 2015, ce retrait marque peut-être le début d’une nouvelle ère, à condition que les promesses se traduisent, cette fois, en actes concrets.