Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré mardi qu’il n’était pas en mesure de confirmer si les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes avaient réellement éliminé tout l’uranium hautement enrichi stocké par Téhéran. « Il est possible qu’il soit encore là », a-t-il affirmé lors d’un point presse à Vienne, où il rencontrait plusieurs responsables autrichiens.
Les frappes menées par les États-Unis au cours du week-end, en réponse à l’escalade militaire entre Israël et l’Iran, visaient trois des principaux sites nucléaires du pays. Bien que le président américain Donald Trump ait assuré que ces frappes avaient « anéanti » le programme nucléaire iranien, Rafael Grossi a exprimé sa prudence. Selon lui, l’étendue exacte des dégâts infligés aux installations reste incertaine et nécessite des inspections approfondies.
« Nous devons voir de nos propres yeux », a insisté Grossi, rappelant que l’AIEA n’a pas encore obtenu d’accès aux sites ciblés, en raison des tensions persistantes dans la région. Il a également souligné que l’Iran avait cessé de coopérer pleinement avec l’agence depuis plusieurs mois, limitant considérablement la capacité des inspecteurs à surveiller le programme nucléaire.
Le chef de l’AIEA a reconnu que les frappes avaient sans doute désorganisé les opérations techniques sur place, mais a mis en garde contre toute surestimation de leur impact. « Détruire des bâtiments ne signifie pas nécessairement éliminer toute matière nucléaire présente », a-t-il expliqué.
Cette déclaration intervient alors que Washington se prépare à entamer des négociations directes avec Téhéran la semaine prochaine. L’un des principaux objectifs de ces pourparlers sera justement d’obtenir des garanties sur la fin des ambitions nucléaires de l’Iran, selon l’administration Trump.
Les inquiétudes de l’AIEA renforcent ainsi le scepticisme d’une partie de la communauté internationale face à la déclaration prématurée d’une « victoire nucléaire » par les États-Unis. Rafael Grossi a réitéré son appel à une reprise immédiate de la coopération entre l’Iran et l’agence, afin de rétablir une transparence indispensable à la stabilité régionale.