Le Pakistan a convoqué vendredi le numéro deux de la mission diplomatique britannique à Islamabad après la diffusion d’une vidéo devenue virale montrant une femme, lors d’un rassemblement au Royaume-Uni, évoquer une possible attaque contre le chef de l’armée pakistanaise. Les autorités pakistanaises ont demandé l’ouverture d’une enquête.
Selon le ministère pakistanais des Affaires étrangères, la déclaration a été tenue lors d’un rassemblement à Bradford, dans le nord de l’Angleterre, en soutien à l’ancien Premier ministre emprisonné Imran Khan. La femme y évoquait la mort éventuelle du chef d’état-major pakistanais, Asim Munir, dans un attentat à la voiture piégée. La vidéo, initialement publiée sur le réseau X par la branche britannique du parti de Khan, a depuis été supprimée.
Le vice-ministre pakistanais de l’Intérieur, Talal Chaudhry, a estimé que ces propos dépassaient le cadre de la liberté d’expression et a appelé les autorités britanniques à prendre des mesures judiciaires. Il a accusé le parti de l’ancien Premier ministre d’attiser les tensions contre l’armée.
La Haute Commission britannique à Islamabad a indiqué de son côté que toute allégation de crime devait être transmise aux services compétents au Royaume-Uni, ajoutant que les forces de l’ordre examineraient tout élément susceptible de constituer une infraction.
Les relations entre l’armée pakistanaise et les partisans d’Imran Khan se sont fortement dégradées ces derniers mois. De nombreux soutiens de l’ancien chef du gouvernement accusent l’institution militaire, et en particulier Asim Munir, d’être à l’origine de son emprisonnement, des accusations rejetées par l’armée et les autorités.