MEXICO — Le ministre mexicain de l’Économie, Marcelo Ebrard, a déclaré lundi que la révision de l’accord commercial nord-américain USMCA, qui lie le Mexique, les États-Unis et le Canada, pourrait débuter plus tôt que prévu, dès le second semestre de cette année. Initialement programmée pour 2026, cette révision pourrait être avancée, ce qui marquerait un tournant stratégique dans les relations commerciales entre les trois pays membres.
« Plus ou moins, le moment que j’estime est le deuxième semestre de l’année », a indiqué Ebrard lors d’un événement à Mexico. Il a ajouté que cette avancée du calendrier « pourrait nous convenir », laissant entendre que le Mexique se tient prêt à entrer dans les discussions plus tôt que ce que stipule le texte initial de l’accord.
Cette perspective intervient alors que la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a récemment évoqué la possibilité d’un examen anticipé du traité. Cette hypothèse semble s’inscrire dans la dynamique diplomatique actuelle impulsée par Washington, sous l’impulsion du président américain Donald Trump, qui aurait manifesté son intérêt pour une réévaluation plus rapide des termes de l’accord.
Signé en 2020 pour remplacer l’ALENA, l’USMCA régit les relations commerciales entre les trois puissances nord-américaines et couvre des secteurs clés comme l’automobile, l’agriculture, l’énergie ou encore le numérique. Sa clause de révision prévoit un premier examen formel en 2026, mais des ajustements peuvent être proposés en amont si les parties en conviennent.
Pour le Mexique, cette anticipation pourrait offrir l’occasion de défendre ses intérêts face à une possible montée du protectionnisme américain, notamment en ce qui concerne l’industrie automobile, récemment visée par une hausse tarifaire décidée par Trump. Elle pourrait également permettre d’aborder de manière proactive des sujets sensibles comme les règles d’origine ou les normes environnementales et sociales.
Reste à savoir comment le Canada réagira à cette accélération du processus. Ottawa n’a pas encore exprimé de position officielle sur un éventuel calendrier révisé. Les analystes notent que toute ouverture anticipée des discussions pourrait engendrer des tensions, mais aussi offrir une chance de moderniser certains aspects de l’accord à la lumière des évolutions économiques post-pandémiques et de la transition énergétique.
Alors que les États-Unis multiplient les gestes protectionnistes et que le Mexique souhaite sécuriser ses chaînes d’approvisionnement, la gestion de cette révision anticipée pourrait devenir un test diplomatique majeur pour l’administration Sheinbaum, nouvellement installée, dans un contexte de redéfinition des équilibres commerciaux en Amérique du Nord.