Le Hamas a catégoriquement rejeté la résolution adoptée cette semaine par le Conseil de sécurité des Nations unies, fondée sur le plan en 20 points du président américain Donald Trump, qui vise à instaurer un cessez-le-feu durable à Gaza, établir une autorité de transition et déployer une force internationale de stabilisation. Selon le mouvement islamiste, cette initiative ne répond ni aux droits fondamentaux ni aux revendications légitimes du peuple palestinien, et représente une tentative d’imposer une tutelle étrangère sur l’enclave.
Dans un communiqué publié peu après l’adoption de la résolution, le Hamas a déclaré que le texte de l’ONU « cherche à imposer un mécanisme de tutelle internationale sur la bande de Gaza, que notre peuple et ses factions rejettent catégoriquement ». Le groupe souligne en particulier son opposition au mandat confié à la future force internationale, qui inclurait, selon la résolution, des missions de désarmement des factions armées palestiniennes, dont le Hamas lui-même. Une telle orientation, affirme le mouvement, « prive cette force de sa neutralité » et en ferait « une partie prenante au conflit en faveur de l’occupation ».
Le plan présenté par Washington, et désormais validé par l’ONU, prévoit la mise en place d’un Conseil de la paix chargé de superviser la transition politique, la reconstruction de Gaza et la restauration d’une stabilité sécuritaire. Il s’agirait de la première étape d’un processus plus large censé ouvrir la voie à une « autodétermination palestinienne », selon les mots de l’ambassadeur américain Michael Waltz, qui a défendu la résolution devant le Conseil.
Mais pour le Hamas, toute démarche qui ne passe pas par la reconnaissance de la résistance armée palestinienne et de ses droits territoriaux fondamentaux est inacceptable. Le groupe continue de revendiquer son droit à la résistance contre ce qu’il considère comme une occupation israélienne prolongée et rejette toute tentative de le désarmer unilatéralement dans le cadre d’un processus de transition imposé par l’extérieur.
Cette position risque de compromettre la mise en œuvre effective de la résolution onusienne, en particulier le déploiement de la force internationale, qui pourrait être confrontée à une hostilité sur le terrain si les groupes armés palestiniens perçoivent sa mission comme une opération de neutralisation plutôt que de médiation.
Le rejet du Hamas illustre les profondes divisions internes du camp palestinien, alors même que l’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie, a de son côté accueilli favorablement la résolution et s’est dite prête à contribuer à sa mise en œuvre. Ce fossé politique entre les principales entités palestiniennes complique d’autant plus les perspectives d’un règlement durable du conflit et d’un processus de reconstruction pacifique dans la bande de Gaza.