Le gouvernement vénézuélien a accusé les États-Unis d’avoir attaqué des installations civiles et militaires dans plusieurs États, après qu’au moins sept explosions et le survol d’avions volant à basse altitude ont été entendus vers 2 heures du matin, heure locale, samedi, dans la capitale, Caracas.
Le Pentagone et la Maison-Blanche n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires.
De la fumée pouvait être vue s’élevant du hangar d’une base militaire à Caracas. Une autre installation militaire dans la capitale était privée d’électricité.
Des habitants de divers quartiers se sont précipités dans les rues. Certains pouvaient être aperçus au loin depuis différentes zones de Caracas.
« Tout le sol a tremblé. C’est horrible. Nous avons entendu des explosions et des avions », a déclaré Carmen Hidalgo, employée de bureau de 21 ans, la voix tremblante. Elle marchait rapidement avec deux proches, rentrant d’une fête d’anniversaire. « Nous avions l’impression que l’air nous frappait. »
Dans un communiqué, le gouvernement vénézuélien a appelé ses partisans à descendre dans la rue.
« Le peuple dans la rue ! », indique le communiqué. « Le gouvernement bolivarien appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer des plans de mobilisation et à répudier cette attaque impérialiste. »
Le communiqué ajoute que le président Nicolás Maduro a « ordonné la mise en œuvre de tous les plans de défense nationale » et déclaré « un état de perturbation extérieure ».
Cela survient alors que l’armée américaine a, ces derniers jours, pris pour cible des bateaux soupçonnés de trafic de drogue. Vendredi, le Venezuela a déclaré être ouvert à la négociation d’un accord avec les États-Unis pour lutter contre le trafic de stupéfiants.
Maduro fustige les États-Unis
Maduro a également affirmé, dans une interview préenregistrée diffusée jeudi, que les États-Unis cherchent à provoquer un changement de gouvernement au Venezuela et à accéder à ses vastes réserves de pétrole par le biais d’une campagne de pression de plusieurs mois, qui a débuté avec un important déploiement militaire dans la mer des Caraïbes en août.
Maduro a été inculpé de narcoterrorisme aux États-Unis. La CIA était à l’origine d’une frappe de drone la semaine dernière contre une zone d’amarrage qui aurait été utilisée par des cartels de la drogue vénézuéliens, dans ce qui constituait la première opération directe connue sur le sol vénézuélien depuis que les États-Unis ont commencé à frapper des bateaux en septembre.
Trump avait annoncé les frappes contre le Venezuela depuis plusieurs mois
Le président américain Donald Trump avait, pendant des mois, menacé de pouvoir bientôt ordonner des frappes contre des cibles situées sur le territoire vénézuélien. Les États-Unis ont également saisi des pétroliers sanctionnés au large des côtes du Venezuela, et Trump a ordonné le blocus d’autres navires, dans une démarche semblant destinée à resserrer l’étau économique autour du pays sud-américain.
L’armée américaine attaque des bateaux dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique oriental depuis début septembre. À vendredi, le nombre de frappes connues contre des embarcations s’élevait à 35 et le nombre de personnes tuées était d’au moins 115, selon les chiffres annoncés par l’administration Trump.
Ces actions ont suivi un important renforcement des forces américaines dans les eaux au large de l’Amérique du Sud, notamment l’arrivée en novembre du porte-avions le plus avancé du pays, ajoutant plusieurs milliers de soldats à ce qui était déjà la plus grande présence militaire dans la région depuis des générations.
Trump a justifié les frappes contre les bateaux comme une escalade nécessaire pour endiguer le flux de drogues vers les États-Unis et a affirmé que le pays est engagé dans un « conflit armé » avec les cartels de la drogue.
Par ailleurs, la télévision d’État iranienne a fait état samedi des explosions à Caracas, montrant des images de la capitale vénézuélienne. L’Iran entretient des relations étroites avec le Venezuela depuis des années, en partie en raison de leur hostilité commune envers les États-Unis.