Le drapeau américain flotte à nouveau à Damas : Washington ouvre la voie à une paix Syrie-Israël
Le drapeau américain flotte à nouveau à Damas : Washington ouvre la voie à une paix Syrie-Israël

Dans un geste hautement symbolique, le drapeau des États-Unis a été hissé jeudi à la résidence de l’ambassadeur américain à Damas, pour la première fois depuis 2012. Cette initiative marque un tournant dans les relations entre Washington et la Syrie, alors que le nouvel envoyé spécial américain, Thomas Barrack, a exprimé son espoir de voir émerger une paix possible entre la Syrie et Israël, en misant sur le dialogue et la réintégration progressive de la Syrie sur la scène internationale.

Barrack, également ambassadeur des États-Unis en Turquie, a effectué cette visite à Damas quelques jours après avoir été nommé envoyé spécial pour la Syrie. Il a affirmé que les États-Unis ne considéraient plus la Syrie comme un État soutenant le terrorisme, une requalification rendue possible selon lui par « la fin du régime d’Assad » et l’arrivée au pouvoir du président par intérim Ahmed al-Sharaa, un ancien chef d’Al-Qaïda qui a rompu avec l’organisation djihadiste en 2016.

« La Syrie et Israël sont un problème qui peut être résolu », a déclaré Barrack. Il a évoqué l’idée d’un « accord de non-agression » comme point de départ, appelant à des discussions sur les frontières. L’émissaire a également insisté sur une nouvelle approche américaine fondée sur la non-ingérence : « Nous devons donner une chance à ce jeune gouvernement en n’imposant pas notre culture à la vôtre », a-t-il affirmé.

Ce rapprochement spectaculaire fait suite à la rencontre plus tôt ce mois-ci entre le président américain Donald Trump et Ahmed al-Sharaa à Riyad, au cours de laquelle Trump aurait exhorté le dirigeant syrien à normaliser ses relations avec Israël. La Syrie, qui a perdu le plateau du Golan au profit d’Israël en 1967, est considérée depuis des décennies comme un acteur clé du conflit israélo-arabe. Des sources proches du dossier affirment que des responsables israéliens et syriens ont entamé des discussions directes pour éviter une escalade le long de la frontière.

Parallèlement, Barrack a indiqué que les sanctions américaines les plus sévères à l’encontre de la Syrie, notamment celles imposées par la loi César en 2020, pourraient être levées d’ici six mois si le Congrès donne son accord. « Le président Trump est sans doute la personne la plus impatiente de voir ces sanctions disparaître », a-t-il lancé.

La réouverture de la représentation diplomatique américaine à Damas, fermée en 2012 au plus fort de la guerre civile, scelle une évolution inattendue dans une région marquée par des années de conflit, de ruptures diplomatiques et d’hostilité. Bien que le parcours politique de Sharaa soulève des inquiétudes, notamment en raison de son passé djihadiste, l’administration Trump semble déterminée à parier sur ce nouveau leadership pour stabiliser une région en recomposition rapide.

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