Le Congo espère un accord minier et un soutien américain contre la rébellion d’ici fin juin
Le Congo espère un accord minier et un soutien américain contre la rébellion d’ici fin juin

La République démocratique du Congo (RDC) pourrait conclure un accord stratégique avec les États-Unis d’ici la fin juin, visant à sécuriser des investissements dans les minéraux critiques et à obtenir un appui dans la lutte contre la rébellion du M23, a rapporté dimanche le Financial Times. Cet accord, encore en négociation, marquerait un tournant majeur pour Kinshasa dans sa volonté de diversifier ses partenariats économiques et d’endiguer l’influence régionale du Rwanda.

Au cœur des discussions : l’accès et la valorisation des ressources minières congolaises, notamment le tungstène, le tantale et l’étain, essentiels à l’industrie technologique mondiale. Ces minéraux sont depuis longtemps au centre des tensions entre la RDC et son voisin rwandais, Kinshasa accusant Kigali de les exploiter illégalement via des groupes armés comme le M23, actifs dans l’est du pays. Selon les termes d’un possible accord négocié sous médiation américaine, ces minerais pourraient être exportés légalement vers le Rwanda pour y être traités, en échange d’un engagement vers un règlement pacifique du conflit.

Le ministre congolais des Mines, Kizito Pakabomba, a souligné que cet accord permettrait à la RDC de « diversifier ses partenariats », réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis de la Chine, principal acteur actuel dans le secteur minier congolais. Washington cherche de son côté à renforcer sa présence économique et géopolitique en Afrique, dans un contexte de compétition accrue avec Pékin pour l’accès aux ressources stratégiques.

Toutefois, des obstacles majeurs subsistent. La méfiance entre Kinshasa et Kigali reste profonde, et les combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 se sont intensifiés depuis janvier. Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de faire transiter clandestinement des minerais de contrebande à travers la frontière, générant des dizaines de millions de dollars de revenus mensuels.

Les États-Unis, via leur conseiller présidentiel pour l’Afrique, Massad Boulos, ont réaffirmé leur volonté de voir un accord de paix conclu cet été, accompagné de garanties économiques. L’objectif est de stabiliser durablement la région tout en facilitant des investissements occidentaux de grande ampleur dans un marché minier vital pour les chaînes d’approvisionnement globales, notamment dans les domaines des technologies vertes et de la défense.

Le Rwanda, par la voix de sa porte-parole gouvernementale Yolande Makolo, a pour sa part insisté sur la nécessité de maintenir ses dispositifs de sécurité le long de la frontière tant que l’instabilité en RDC persiste, rejetant implicitement les accusations de soutien aux groupes rebelles.

Ni le département d’État américain ni les autorités rwandaises n’ont, pour l’heure, réagi officiellement à la perspective de cet accord tripartite. Mais les semaines à venir pourraient s’avérer décisives pour l’avenir économique et sécuritaire d’une région au cœur des enjeux mondiaux autour des ressources stratégiques.

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