Le colonel Michael Randrianirina, à la tête du coup d’État survenu à Madagascar, a prêté serment vendredi à Antananarivo lors d’une cérémonie solennelle marquée par les acclamations de la foule, les trompettes militaires et le déploiement de sabres levés.
Le nouveau dirigeant, arrivé au pouvoir après plusieurs jours de manifestations populaires ayant conduit à la chute du président Andry Rajoelina, a promis de « restaurer la stabilité et la dignité nationale » tout en annonçant que l’armée conserverait le contrôle du pays pendant une période transitoire de deux ans avant un retour au pouvoir civil.
L’Union africaine et les Nations unies ont immédiatement condamné ce coup de force, appelant au respect de l’ordre constitutionnel et à la libération des responsables politiques arrêtés depuis le renversement du gouvernement. L’organisation régionale a également suspendu Madagascar de ses instances, comme elle l’avait fait après les précédents putschs survenus sur l’île.
Ce changement brutal de régime intervient dans un contexte de profond malaise économique et social. Depuis l’indépendance en 1960, le produit intérieur brut par habitant de Madagascar a chuté d’environ 45 %, faisant du pays l’un des plus pauvres du continent africain malgré son potentiel minier et agricole considérable.
Randrianirina, qui bénéficie du soutien d’une partie de l’armée et d’une jeunesse frustrée par la corruption et la pauvreté persistante, a assuré qu’il entendait « rebâtir la nation » et « lutter contre l’accaparement des richesses par une élite déconnectée du peuple ».
Mais de nombreux observateurs redoutent un scénario déjà connu à Madagascar : celui d’une transition militaire prolongée, marquée par la répression et les tensions politiques, qui risquerait de retarder encore la démocratisation et la relance économique du pays.