Le puissant chef de gang équatorien José Adolfo Macias, alias « Fito », a accepté vendredi son extradition vers les États-Unis, où il est inculpé pour trafic de drogue et d’armes à feu. Incarcéré dans une prison de haute sécurité depuis sa spectaculaire recapture fin juin, il a confirmé sa décision devant un juge lors d’une comparution virtuelle : « Oui, j’accepte, votre honneur », a-t-il déclaré, marquant ainsi une étape décisive dans la procédure.
Fito est le chef du groupe criminel Los Choneros, une organisation accusée d’extorsion, de meurtres et de narcotrafic à grande échelle. Il s’était évadé de prison en janvier 2024, déclenchant une vaste chasse à l’homme. Sa fuite s’est achevée à Manta, ville portuaire du sud-ouest du pays, où il a été capturé par les forces de sécurité.
Son acceptation de l’extradition accélère grandement le processus, qui sera désormais soumis à la validation de la présidence équatorienne avant que les autorités puissent entamer la coordination logistique avec leurs homologues américains. En cas de refus, la procédure aurait pu s’éterniser pendant des mois, le temps qu’une décision définitive soit rendue par la Cour nationale de justice.
Macias, âgé d’environ 45 ans, purgeait déjà une peine de 34 ans de prison pour des crimes graves, dont meurtre, association criminelle et trafic de stupéfiants. Il devra désormais répondre devant un tribunal fédéral de Brooklyn à sept chefs d’accusation liés à des activités criminelles commises sous sa direction à la tête des Choneros.
Selon le ministère américain de la Justice, le gang a mené des attaques ciblées contre des policiers, des magistrats, des avocats et même des élus. En Équateur, l’organisation exerce une influence redoutée, notamment dans les établissements pénitentiaires, souvent décrits comme hors de contrôle par les ONG et les observateurs internationaux.
Le président équatorien Daniel Noboa avait renforcé les pouvoirs des autorités en matière d’extradition lors d’un référendum en avril 2024, dans le cadre d’une offensive sécuritaire contre la montée en puissance des groupes criminels. Le gouvernement avait d’ailleurs offert une récompense d’un million de dollars pour toute information permettant la capture de Fito et a procédé à l’arrestation de plusieurs membres de sa famille et à la saisie de nombreux biens.