BRUXELLES, 27 juin — Le chancelier allemand Friedrich Merz a exhorté jeudi l’Union européenne à conclure rapidement un accord commercial avec les États-Unis, préférant une solution « rapide et simple » à des négociations complexes, alors que l’échéance du 9 juillet pour éviter une nouvelle vague de droits de douane américains approche à grands pas.
S’exprimant à l’issue du sommet des dirigeants européens à Bruxelles, Merz a mis en garde contre les conséquences d’un retard dans les négociations. « Nous avons moins de deux semaines jusqu’au 9 juillet et nous ne pouvons pas conclure un accord commercial sophistiqué dans ce délai », a-t-il déclaré devant la presse, plaidant pour une entente pragmatique face à l’urgence du calendrier.
Le sommet s’est tenu dans un contexte tendu sur le front du commerce transatlantique. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé que l’UE avait reçu une nouvelle proposition de la part de l’administration Trump, sans en dévoiler les détails. Elle a précisé que toutes les options restaient ouvertes, y compris celle de se préparer à un échec des négociations.
Merz a souligné que plusieurs secteurs industriels clés de l’Allemagne — notamment la chimie, la pharmacie, l’ingénierie mécanique, l’acier, l’aluminium et l’automobile — souffraient déjà de droits de douane prohibitifs. Il a averti que toute escalade tarifaire risquait de mettre ces entreprises en péril, aggravant les tensions économiques en Europe.
Le dirigeant allemand a également rapporté que von der Leyen avait proposé l’idée de créer une nouvelle organisation commerciale internationale, qui pourrait, à terme, se substituer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), devenue selon elle « inefficace ». Ce projet en est encore à un stade embryonnaire, mais inclurait notamment des mécanismes de résolution des différends, une fonction que l’OMC peine à assurer depuis plusieurs années.
Alors que les négociations se poursuivent sous haute tension, l’appel de Merz traduit l’inquiétude croissante des industriels européens face à l’instabilité commerciale et à la politique protectionniste de Washington. Reste à voir si Bruxelles et Washington parviendront à s’accorder à temps pour éviter une nouvelle guerre commerciale.