L’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol échappe à un mandat d’arrêt dans l’affaire de la loi martiale
L’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol échappe à un mandat d’arrêt dans l’affaire de la loi martiale

L’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol ne sera pas arrêté pour le moment. Un tribunal de Séoul a rejeté mercredi une demande de mandat d’arrêt déposée par le procureur spécial en charge de l’enquête sur la tentative controversée de Yoon d’imposer la loi martiale avant sa destitution. Cette décision intervient alors que l’affaire suscite une forte polarisation politique dans le pays.

Yoon est accusé d’avoir envisagé une répression militaire contre des manifestations de masse en 2024, alors qu’il faisait face à une fronde populaire et parlementaire qui s’est soldée par sa chute. Le procureur spécial, nommé pour instruire cette affaire sensible, avait plaidé mardi pour l’arrestation immédiate de l’ancien chef d’État, arguant d’un risque de dissimulation de preuves ou de fuite.

Les avocats de Yoon Suk Yeol ont salué la décision du tribunal, qualifiant l’enquête de « manifestement motivée par des considérations politiques ». Selon eux, l’ancien président n’a jamais tenté de subvertir l’ordre démocratique, et ses consultations sur la loi martiale relevaient de discussions internes relevant de la sécurité nationale. « Cette procédure judiciaire ne vise qu’à humilier un ancien président », ont-ils déclaré.

L’ancien président devra néanmoins se conformer à sa convocation et comparaître devant le tribunal samedi pour la suite de la procédure. Le parquet continue de rassembler des preuves, notamment des échanges internes au gouvernement de l’époque et des témoignages de hauts responsables militaires.

Par ailleurs, la détention de l’ex-ministre de la Défense Kim Jong-un (à ne pas confondre avec le dirigeant nord-coréen), arrêté dans le cadre de la même affaire, a été prolongée par la justice. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle opérationnel central dans la planification du recours à la force.

Cette affaire, l’une des plus graves crises institutionnelles qu’ait connues la Corée du Sud depuis des décennies, ravive les tensions entre les camps conservateur et progressiste, à quelques mois d’élections législatives cruciales.

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