L’Iran a encore accru ses stocks d’uranium enrichi à des niveaux proches de ceux nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires, selon un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) publié samedi. Ce document, consulté par l’Associated Press, appelle Téhéran à modifier d’urgence sa trajectoire et à coopérer pleinement avec l’enquête en cours de l’agence onusienne.
Selon le rapport, au 17 mai, l’Iran disposait de 408,6 kilogrammes d’uranium enrichi jusqu’à 60 %, soit une hausse de près de 50 % depuis février. Cette quantité, très proche du seuil des 90 % requis pour une arme atomique, est largement suffisante pour produire plusieurs bombes si elle était encore enrichie. L’ensemble du stock iranien d’uranium enrichi atteint désormais 9 247,6 kilogrammes.
L’AIEA s’inquiète vivement du fait que l’Iran est « le seul État non doté de l’arme nucléaire à produire un tel matériau », soulignant la gravité de la situation. Malgré les déclarations de Téhéran assurant que son programme nucléaire est à visée exclusivement civile, les autorités iraniennes ont laissé entendre ces derniers mois qu’elles pourraient envisager la fabrication d’une arme atomique. Les services de renseignement américains estiment toutefois que l’Iran n’a pas encore lancé de programme militaire, bien qu’il ait accru ses capacités techniques en ce sens.
La réaction israélienne ne s’est pas fait attendre. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé une preuve supplémentaire de la volonté iranienne de finaliser un programme nucléaire militaire, appelant la communauté internationale à « agir immédiatement » pour stopper Téhéran. Israël a notamment insisté sur le fait que le niveau d’enrichissement atteint n’avait « aucune justification civile ».
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a exhorté l’Iran à coopérer pleinement avec l’agence, notamment sur les traces d’uranium détectées sur plusieurs sites non déclarés. Un second rapport confidentiel de 22 pages, également transmis samedi aux États membres, indique que l’Iran n’a toujours pas fourni de réponses satisfaisantes concernant les sites de Turquzabad, Varamin et Marivan. L’agence conclut que ces lieux, ainsi que d’autres potentiels, ont fait partie d’un programme nucléaire clandestin mené jusqu’au début des années 2000.
La publication de ces rapports intervient alors que des négociations entre l’Iran et les États-Unis se poursuivent. Le président Donald Trump espère aboutir à un nouvel accord, mais Téhéran affirme qu’aucune entente ne sera possible sans la levée totale des sanctions. En parallèle, des voix européennes envisagent de rétablir les sanctions levées dans le cadre de l’accord de 2015, qui arrive à expiration en octobre.
Donald Trump a assuré vendredi qu’un accord restait possible à court terme. « Ils ne veulent pas être bombardés. Ils préfèrent conclure un accord », a-t-il affirmé à propos de l’Iran, estimant qu’un compromis serait préférable à une escalade militaire au Moyen-Orient.