L’Organisation maritime internationale (OMI) a décidé de reporter sa décision sur l’instauration d’un prix du carbone pour le transport maritime mondial, après de fortes pressions exercées par les États-Unis et l’Arabie saoudite, ont rapporté vendredi plusieurs diplomates.
Cette mesure, soutenue par de nombreux pays européens et des organisations environnementales, visait à imposer une taxe mondiale sur les émissions de CO₂ produites par les navires, afin d’accélérer la décarbonation du secteur maritime, responsable d’environ 3 % des émissions mondiales.
Lors du vote, une majorité de 57 pays ont approuvé un report de la décision, tandis que 47 nations s’y sont opposées. Washington et Riyad ont mené la fronde contre le projet, estimant qu’une telle mesure risquerait de faire grimper les coûts du commerce mondial et de nuire aux économies dépendantes du transport maritime.
Selon des sources diplomatiques, le président américain Donald Trump aurait personnellement exhorté plusieurs pays à rejeter la mesure, arguant qu’elle pénaliserait les exportateurs américains et alourdirait les prix à la consommation.
Les groupes industriels du secteur naval et les lobbies environnementaux ont exprimé leur déception face à ce nouveau report, qui retarde encore la mise en place d’un mécanisme de tarification des émissions. Pour les défenseurs du climat, ce recul compromet les chances d’atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 fixé par l’ONU.
L’OMI a indiqué qu’une nouvelle session serait convoquée début 2026 pour tenter de parvenir à un compromis global entre les grandes puissances économiques sur la taxation des émissions maritimes.