La Tanzanie libère le militant kenyan Boniface Mwangi après son arrestation à Dar es Salaam
La Tanzanie libère le militant kenyan Boniface Mwangi après son arrestation à Dar es Salaam

DAR ES SALAAM — Les autorités tanzaniennes ont libéré jeudi le célèbre militant kenyan Boniface Mwangi, arrêté en début de semaine alors qu’il tentait d’assister à une audience dans le procès pour trahison du leader de l’opposition tanzanienne Tundu Lissu. L’annonce de sa libération a été confirmée par la Commission nationale kenyane des droits de l’homme (KNCHR) et le ministre kenyan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi.

Mwangi a été accueilli dans le comté côtier de Kwale, au sud-est du Kenya, après avoir été remis aux autorités kenyanes. Sur les réseaux sociaux, la KNCHR a partagé une photo du militant en compagnie de l’activiste Hussein Khalid, tout en précisant que Mwangi « est de bonne humeur » mais nécessite des soins médicaux à Nairobi.

Selon des groupes de défense des droits humains, Mwangi aurait été victime de tortures sévères pendant sa détention. Hussein Khalid a rapporté que le militant était dans un état physique très préoccupant : « Son corps est brisé mais son esprit reste fort. » Aucune réaction officielle n’a été émise par le porte-parole de l’immigration tanzanienne concernant ces accusations.

Mwangi avait été interpellé lundi alors qu’il tentait d’assister à la première comparution devant le tribunal de Tundu Lissu, figure emblématique de l’opposition tanzanienne. Lissu, qui avait survécu à une tentative d’assassinat en 2017 et s’était classé deuxième à la présidentielle suivante, est accusé de trahison pour des propos jugés subversifs par les autorités. Il aurait, selon l’accusation, incité à la rébellion et à perturber les élections prévues pour octobre prochain.

Mwangi a été accusé d’être entré illégalement en Tanzanie, en fournissant de fausses informations à l’immigration. On ignore encore si l’activiste ougandaise Agather Atuhaire, arrêtée en même temps que Mwangi, a également été libérée.

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, qui brigue un second mandat cette année, a récemment affirmé son engagement envers les droits de l’homme, mais ces arrestations très médiatisées suscitent des doutes croissants. Lors d’un discours prononcé lundi, elle a mis en garde les militants étrangers contre toute « invasion et ingérence dans nos affaires ».

L’affaire reflète les tensions croissantes entre la société civile et le pouvoir en Tanzanie à l’approche des élections, dans un climat politique de plus en plus tendu.

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