Le gouvernement syrien s’est dit confiant mardi quant à une levée complète des sanctions américaines dans les prochains mois, estimant que le climat politique s’y prête davantage depuis les récents signes d’ouverture de Washington. Le ministre syrien de l’Économie a déclaré à Reuters, lors d’un entretien à Londres, que Damas avait d’ores et déjà amorcé un processus de restructuration de plusieurs milliards de dollars de dettes accumulées au cours des dernières années.
« Nous pensons que la levée totale des sanctions est désormais une question de temps », a affirmé le ministre, évoquant des discussions indirectes avec des responsables américains et européens. Il a ajouté que la Syrie cherchait à « normaliser ses relations économiques » après plus d’une décennie d’isolement international consécutive à la guerre civile déclenchée en 2011.
Le gouvernement de Bachar al-Assad espère que la fin des sanctions permettra de relancer le commerce extérieur, d’attirer de nouveaux investissements et de stabiliser une économie en ruine, marquée par une inflation galopante et l’effondrement de la livre syrienne. Le pays connaît également une grave crise énergétique et humanitaire, aggravée par les séismes de 2023 et les destructions liées au conflit.
Selon le ministre, la restructuration de la dette syrienne concerne aussi bien des créances étatiques que des engagements commerciaux privés. « Nous avons commencé à réévaluer nos accords financiers, notamment avec des partenaires du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe », a-t-il précisé, ajoutant que Damas espérait également rétablir ses échanges bancaires internationaux une fois les restrictions levées.
Les sanctions américaines, renforcées depuis 2019 par le Caesar Act, visaient à priver le régime syrien de ressources susceptibles d’alimenter la guerre et de financer la répression. Mais leur impact sur la population civile a suscité de vives critiques, y compris parmi certains alliés occidentaux de Washington.
Si la levée des sanctions se concrétise, elle marquerait un tournant majeur dans la réintégration de la Syrie sur la scène internationale. Toutefois, plusieurs analystes soulignent que cette perspective reste incertaine et dépendra de concessions politiques concrètes de la part du régime d’Assad, notamment sur les droits humains et le processus de réconciliation nationale.