Le Service fédéral de sécurité russe (FSB) a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pénale visant plusieurs figures de l’opposition en exil, dont l’ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovski, les accusant d’avoir formé une « organisation terroriste » et de complot pour prendre le pouvoir par la force.
Selon le communiqué du FSB, les opposants exilés auraient coordonné leurs activités depuis l’étranger dans le but de « déstabiliser la Russie » et d’organiser des actions violentes sur le territoire national. Outre Khodorkovski, les autorités russes citent notamment le champion d’échecs Garry Kasparov, figure de la dissidence en exil, ainsi que d’autres militants affiliés à des plateformes politiques basées en Europe.
L’ancien patron du groupe pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, exilé à Londres depuis sa libération en 2013, a immédiatement dénoncé des accusations “absurdes et politiques”, estimant qu’il s’agit d’une tentative du Kremlin d’intimider l’opposition à l’étranger. Kasparov, également visé par la procédure, a qualifié cette annonce de « nouvelle preuve de la dérive autoritaire du régime de Vladimir Poutine ».
Ces accusations interviennent alors que la Russie approche du millième jour de son invasion de l’Ukraine, et que Moscou intensifie la répression contre les voix dissidentes, y compris celles installées hors du pays.
Dans un contexte tendu, le Conseil de l’Europe et plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont entamé un dialogue avec les opposants russes exilés pour envisager des mécanismes de protection juridique. Des observateurs estiment que ces poursuites pourraient marquer une nouvelle étape dans la criminalisation internationale de l’opposition russe.