Face à ce qu’elles considèrent comme une menace militaire croissante de la part de la Russie, la Finlande et la Lituanie prévoient de lancer dès l’an prochain la production nationale de mines antipersonnel, ont indiqué ce mercredi des responsables des deux pays à l’agence Reuters. Cette décision marque un tournant majeur, alors que cinq États membres de l’OTAN ont récemment annoncé leur retrait du traité international interdisant ces armes.
Les autorités finlandaises et lituaniennes ont justifié cette mesure exceptionnelle par la nécessité de renforcer leurs capacités défensives dans un contexte régional de plus en plus instable. Si ces mines sont d’abord destinées à un usage domestique, certaines pourraient également être fournies à l’Ukraine, qui affronte une invasion russe depuis plus de trois ans.
La Convention d’Ottawa, signée en 1997, interdit l’usage, la production, le stockage et le transfert de mines antipersonnel. La Finlande et la Lituanie y étaient jusque-là parties, tout comme la majorité des membres de l’OTAN. Cependant, les récents développements géopolitiques semblent avoir poussé certains États à reconsidérer leur position sur cette interdiction.
Le retrait du traité par cinq pays de l’Alliance atlantique, non encore nommés officiellement, illustre un changement d’attitude stratégique au sein de l’OTAN, dans un climat de tension croissante avec Moscou. Cette rupture avec les engagements internationaux en matière de désarmement humanitaire suscite des inquiétudes chez les ONG, qui craignent un retour en arrière sur les progrès accomplis ces dernières décennies dans la protection des civils.
Les mines antipersonnel sont vivement critiquées pour leur caractère indiscriminé, leur dangerosité persistante longtemps après les conflits et leur impact dévastateur sur les populations civiles. Leur utilisation est régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains et le Comité international de la Croix-Rouge.
Ni Helsinki ni Vilnius n’ont précisé quels types de mines seraient produits ni selon quel calendrier exact. Toutefois, des sources gouvernementales ont affirmé que la production pourrait démarrer en 2026 au plus tard. Les deux pays insistent sur le fait qu’il s’agit d’une mesure strictement défensive, visant à dissuader toute incursion potentielle sur leur territoire.
Cette décision souligne la transformation rapide des priorités sécuritaires en Europe de l’Est depuis le début de la guerre en Ukraine, ainsi que le dilemme auquel sont confrontés certains États entre respect des engagements internationaux et impératifs de défense nationale.