La Corée du Nord a vivement critiqué les récentes initiatives de réconciliation émanant de Séoul, les qualifiant de « grave erreur de calcul ». Dans une déclaration relayée lundi par les médias d’État, Kim Yo Jong, influente sœur du dirigeant Kim Jong-un, a rejeté les ouvertures du président sud-coréen Lee Minye, raillant sa volonté de détente tout en dénonçant sa fidélité à l’alliance militaire avec les États-Unis.
Le président sud-coréen avait récemment ordonné l’arrêt des émissions de propagande diffusées vers le Nord ainsi que la suspension de l’envoi de tracts anti-Pyongyang par des militants depuis le Sud, dans une tentative d’apaisement. Ces gestes, destinés à rouvrir un dialogue intercoréen au point mort depuis des années, n’ont manifestement pas trouvé d’écho favorable à Pyongyang.
« Les gestes d’apaisement du Sud sont une farce », a déclaré Kim Yo Jong, ajoutant que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ne sera pas dupée par ce qu’elle qualifie de stratégie « hypocrite ». Elle a également affirmé que l’engagement renouvelé de Lee dans l’alliance avec les États-Unis prouvait que sa politique ne diffère en rien de celle de ses prédécesseurs, accusés à Pyongyang de soutenir une posture hostile.
Cette réaction intervient dans un contexte régional déjà tendu, marqué par une récente série d’exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, régulièrement dénoncés par Pyongyang comme des préparatifs d’invasion. Le Nord a par ailleurs intensifié ses propres démonstrations de force, notamment en procédant à plusieurs lancements de missiles ces derniers mois.
Les espoirs de reprise du dialogue entre les deux Corées, gelé depuis le sommet manqué de Hanoï en 2019 entre Donald Trump et Kim Jong-un, semblent donc à nouveau compromis. La diplomatie intercoréenne est prise en étau entre les ambitions nucléaires du Nord, les pressions stratégiques américaines, et la volonté du Sud d’éviter une escalade tout en maintenant sa posture de défense.