La Corée du Nord envoie des militaires pour aider la Russie à reconstruire la région de Koursk
La Corée du Nord envoie des militaires pour aider la Russie à reconstruire la région de Koursk

La Corée du Nord prévoit de déployer des milliers de militaires en Russie afin de participer aux efforts de reconstruction dans la région frontalière de Koursk, selon des responsables russes. Cette annonce marque une nouvelle étape dans l’intensification des liens entre Pyongyang et Moscou, déjà renforcés par la guerre en Ukraine.

En visite mardi à Pyongyang, le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, a déclaré que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avait décidé d’envoyer 1 000 démineurs et 5 000 ouvriers militaires du bâtiment pour restaurer les infrastructures endommagées dans la région de Koursk. Ces effectifs s’ajouteraient aux milliers de soldats nord-coréens déjà envoyés en Russie, ainsi qu’à un important volume d’armement conventionnel fourni à Moscou.

Selon les agences de presse officielles russes Tass et RIA Novosti, les deux pays ont également convenu d’ériger des monuments commémoratifs en hommage aux soldats nord-coréens tombés au combat dans la région. Bien que Pyongyang n’ait pas confirmé l’envoi des ouvriers et démineurs, l’agence KCNA a relayé les propos de Kim réaffirmant son soutien « inconditionnel » aux opérations militaires russes.

Les autorités sud-coréennes estiment qu’environ 15 000 soldats nord-coréens ont été déployés en Russie, dont près de 600 auraient été tués sur le front, selon les renseignements de Séoul. Cette coopération militaire de plus en plus étroite suscite de vives inquiétudes aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon, qui redoutent qu’en échange, Moscou fournisse à Pyongyang des technologies sensibles, notamment dans les domaines nucléaire et balistique.

Face à ces développements, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a exprimé mercredi sa « profonde préoccupation » concernant ces échanges militaires, qualifiés d’illégaux et contraires aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Washington, de son côté, a dénoncé des « pratiques profondément troublantes » et accusé la Corée du Nord de chercher à financer son régime par des « ventes de soldats et de main-d’œuvre à louer ».

Le même jour, Séoul, Washington et Tokyo ont mené un exercice aérien conjoint au large de l’île sud-coréenne de Jeju, dans le but d’accroître leur coopération sécuritaire face à la menace croissante que représente la Corée du Nord. Cette coopération russo-nord-coréenne, encadrée depuis 2024 par un traité de défense mutuelle, redéfinit les équilibres sécuritaires en Asie et en Europe.

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