Israël : Netanyahou menacé par une fronde parlementaire sur fond de guerre à Gaza et de crise au sein de sa coalition
Israël : Netanyahou menacé par une fronde parlementaire sur fond de guerre à Gaza et de crise au sein de sa coalition

TEL AVIV, 4 juin 2025 — Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou fait face à une intensification de la pression politique alors que l’opposition prépare une motion pour dissoudre le Parlement, au moment où un parti clé de sa coalition menace de se retirer. La crise gouvernementale intervient dans un climat tendu, alimenté par la guerre en cours à Gaza et une société profondément divisée.

La menace la plus sérieuse vient du parti ultra-orthodoxe Judaïsme unifié de la Torah (JUT), qui exige l’adoption immédiate d’une loi officialisant l’exemption du service militaire pour les hommes ultra-orthodoxes. Faute de quoi, le parti affirme qu’il soutiendra le vote de dissolution prévu la semaine prochaine à la Knesset. Une telle défection pourrait faire basculer la majorité parlementaire dont dispose la coalition, aujourd’hui forte de 64 sièges sur 120.

Yaïr Lapid, chef du parti d’opposition Yesh Atid et ancien Premier ministre, a déposé la motion de dissolution et ne cache pas ses intentions : « Cette Knesset est finie. Elle n’a nulle part où aller », a-t-il déclaré. Le vote, prévu dans les prochains jours, nécessitera une majorité absolue pour faire chuter le gouvernement.

Les derniers sondages montrent que la coalition de Netanyahou perdrait le pouvoir si des élections étaient convoquées aujourd’hui, en raison d’un mécontentement croissant face à la gestion de la guerre contre le Hamas. L’attaque surprise lancée par le groupe islamiste en octobre 2023, qui a causé la mort de quelque 1 200 Israéliens, reste un traumatisme national et a profondément ébranlé la crédibilité du gouvernement.

Le Premier ministre, qui détient le record de longévité à ce poste en Israël, n’a pas encore réagi publiquement à cette nouvelle menace. Des sources proches de la coalition affirment toutefois que des négociations de la dernière chance sont en cours pour éviter l’éclatement du gouvernement.

La question de l’exemption du service militaire pour les jeunes hommes ultra-orthodoxes, qui provoque régulièrement des tensions en Israël, divise profondément la coalition. Les partis laïcs y sont farouchement opposés, tandis que les partis religieux y voient un impératif non négociable. « Une exemption générale ne peut plus être maintenue », a déclaré Ohad Tal, député du parti Sionisme religieux.

Pour certains analystes, la menace des partis ultra-orthodoxes pourrait être un simple moyen de pression. Selon l’ancien député Ofer Shelah, Netanyahou parie que ses alliés religieux ne prendront pas le risque d’élections anticipées qui pourraient les affaiblir.

Malgré une victoire électorale en 2022, Netanyahou peine à maintenir l’unité de sa coalition. Il fait également face à une grogne croissante dans la rue, des manifestants réclamant un accord pour libérer les otages toujours détenus par le Hamas. Le spectre d’élections anticipées se profile donc de plus en plus, dans un pays où peu de gouvernements parviennent à achever leur mandat.

Partager