L’armée israélienne a annoncé dimanche avoir retrouvé le corps de Mohammed Sinwar, chef militaire du Hamas et frère cadet de Yahya Sinwar, sous l’hôpital européen de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de Tsahal, Sinwar aurait été tué dans une opération ciblée menée le mois dernier contre ce que l’armée décrit comme un important centre de commandement souterrain du Hamas.
Mohammad Shabana, un autre haut responsable du Hamas et commandant de la brigade de Rafah, a également été retrouvé mort dans ce même tunnel, aux côtés de plusieurs autres membres du groupe islamiste, dont certains sont encore en cours d’identification. Les journalistes présents sur place ont pu observer la structure souterraine, située directement sous le service des urgences de l’établissement hospitalier. Tsahal affirme que l’installation servait de quartier général au Hamas, ce que l’organisation palestinienne n’a pas commenté jusqu’à présent.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déjà annoncé la mort de Mohammed Sinwar le mois dernier, mais l’armée affirme désormais détenir la preuve formelle de son identité grâce à des tests ADN. Cette découverte survient alors que l’armée poursuit son opération terrestre de grande ampleur dans l’enclave, visant à démanteler les infrastructures militaires du Hamas.
Mohammad Shabana était considéré comme l’un des stratèges les plus expérimentés du Hamas dans le sud de la bande de Gaza. Il aurait notamment joué un rôle clé dans la mise en place du réseau de tunnels utilisés par le groupe pour organiser des embuscades et mener des incursions transfrontalières, notamment depuis la ville de Rafah.
Lors de cette opération, les forces israéliennes ont également saisi un important stock d’armes, des munitions, des documents et de l’argent liquide, qui sont actuellement analysés pour en extraire des renseignements. Defrin a insisté sur le fait que la frappe avait été méticuleusement planifiée pour éviter de causer des dégâts à l’infrastructure hospitalière en surface, bien que des images de Khan Younis montrent une ville largement dévastée par les combats.
Depuis le début de l’offensive israélienne en réponse à l’attaque du 7 octobre 2023, les autorités sanitaires locales estiment que plus de 54 000 Palestiniens ont perdu la vie. L’Organisation des Nations unies continue d’alerter sur la situation humanitaire critique dans l’enclave, où la grande majorité des 2,3 millions d’habitants sont confrontés à un risque imminent de famine.