ISTANBUL, 23 juillet — Les négociateurs russes et ukrainiens se sont rencontrés mercredi à Istanbul pour un troisième cycle de pourparlers de paix, le premier depuis plus de sept semaines, sans parvenir à un accord sur un cessez-le-feu ou une rencontre entre les dirigeants des deux pays. La réunion, qui n’a duré que 40 minutes, a toutefois abouti à une avancée limitée : les deux parties se sont entendues sur la préparation d’un nouvel échange de prisonniers de guerre.
Le ministère russe de la Défense a annoncé qu’un accord avait été conclu concernant l’échange de plusieurs dizaines de prisonniers détenus de part et d’autre. Aucun calendrier n’a encore été communiqué, mais cette annonce marque l’un des rares points de convergence entre Moscou et Kiev depuis la reprise des pourparlers.
Malgré cette timide percée, les positions sur les questions essentielles, telles qu’un cessez-le-feu global ou le statut des territoires occupés, restent profondément divergentes. Un diplomate turc présent à la réunion a déclaré à Reuters que « le fossé reste immense » et que « les deux délégations n’ont pas engagé de discussions substantielles sur un retrait ou une désescalade militaire ».
Du côté ukrainien, le président Volodymyr Zelenski a de nouveau insisté sur la nécessité d’une rencontre en personne avec son homologue russe Vladimir Poutine pour envisager une quelconque avancée politique. Moscou, de son côté, a rejeté l’idée d’une telle rencontre tant que les termes d’un cessez-le-feu durable ne sont pas établis en amont.
Les pourparlers ont eu lieu sous médiation turque, dans le palais historique de Ciragan à Istanbul, en présence de hauts responsables militaires et diplomatiques turcs, dont le chef du renseignement Ibrahim Kalin et le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan. Ankara espérait que cette réunion relancerait une dynamique diplomatique, mais les résultats restent pour l’instant très modestes.
Alors que la pression internationale s’intensifie pour faire avancer les négociations, notamment de la part des États-Unis et de la Chine, les perspectives d’une sortie rapide du conflit demeurent faibles. Les combats se poursuivent sur plusieurs fronts dans l’est et le sud de l’Ukraine, et les pertes civiles continuent de s’alourdir.