La signature à Paris ce vendredi d’un accord de coopération de défense entre la France et le Royaume de Bahreïn, en présence du président Emmanuel Macron et du roi Hamad ben Issa Al Khalifa, illustre un rapprochement stratégique assumé. Équipements militaires, formation, entraînement, échange d’informations stratégiques : le contenu du texte traduit une confiance opérationnelle entre deux États qui ont choisi la coopération concrète plutôt que l’affichage.
Dans un édito publié par Opinion Internationale, Radouan Kourak voit dans cette séquence « une alliance utile, lucide et prometteuse ». Selon lui, « la sécurité n’est pas un slogan, c’est une architecture », et Bahreïn apparaît comme un partenaire qui comprend parfaitement cette réalité, en s’inscrivant dans une logique de stabilité, de fiabilité et de continuité.
Un royaume discret mais stratégique au cœur du Golfe
Bahreïn est souvent sous-estimé. Pourtant, rappelle Radouan Kourak, il s’agit d’« un État du Golfe à l’économie remarquablement diversifiée », avec un secteur financier majeur, une industrie de l’aluminium de rang mondial et un tourisme en croissance. Pour 1,5 million d’habitants, le PIB avoisine 44 milliards de dollars et le PIB par habitant dépasse 28 000 dollars, des indicateurs qui témoignent d’une structure économique solide et modernisée.
Egalement chef du service politique d’Entrevue, Radouan Kourak souligne aussi que la relation avec la France « ne sort pas de nulle part ». Des premiers contacts au XIXe siècle à l’ouverture de l’ambassade en 1974, en passant par les coopérations navales récentes, cette proximité s’est construite dans le temps long. La présence annoncée du fonds souverain Mumtalakat à Choose France confirme que Manama pense la coopération dans toutes ses dimensions, y compris industrielles et économiques.
Dans un Golfe traversé par les tensions, Bahreïn a fait le choix de partenariats structurants et du dialogue. Sa capacité à conjuguer sécurité, ouverture économique et stabilité politique en fait, selon Radouan Kourak, « un allié fiable, moderne et stratégique pour la France ».
« Ce qui se joue dépasse le simple communiqué », conclut-il dans son édito. « Bahreïn montre qu’il veut consolider des partenariats solides, diversifier ses leviers et inscrire sa relation avec la France dans une logique de long terme. »