Le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé jeudi, lors d’un discours à Aix-la-Chapelle, que l’Europe était prête à défendre, y compris par la force si nécessaire, ses valeurs fondamentales de liberté et de démocratie. Cette déclaration, chargée de fermeté, visait directement les critiques de l’administration Trump, notamment celles du vice-président américain J.D. Vance, qui avait attaqué l’Union européenne plus tôt cette année.
S’exprimant à l’occasion de la remise du prestigieux prix Charlemagne à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, Merz a souligné que l’Europe n’était pas passive face aux défis qui se posent à elle. « La liberté et la démocratie méritent d’être défendues résolument et, si nécessaire, de lutter pour les préserver », a-t-il déclaré, en réponse implicite aux accusations américaines de recul des libertés en Europe.
Merz faisait référence à un discours prononcé par Vance en février à Munich, dans lequel le vice-président américain avait dénoncé ce qu’il qualifiait de « menace de l’intérieur » pour l’Europe, pointant notamment la supposée érosion de la liberté d’expression. Ces tensions se sont intensifiées récemment avec l’annonce par Washington de nouvelles restrictions de visa visant des étrangers accusés de censurer les Américains, dans une allusion à peine voilée aux régulateurs européens des géants technologiques américains.
Dans son intervention, le chancelier allemand a tenu à clarifier la position européenne : « Nous avons la réponse la plus forte et la meilleure imaginable : nous défendons ce que nous avons conçu, développé et réalisé ensemble au fil des siècles. » Il a aussi affirmé que l’Allemagne ne se tiendrait pas à l’écart dans l’effort collectif pour renforcer l’Europe, évoquant un « nouvel esprit d’unité » sur le continent.
Friedrich Merz, chef conservateur arrivé au pouvoir cette année, s’est engagé à faire de la Bundeswehr la force militaire conventionnelle la plus puissante d’Europe. Il a également salué les récentes avancées en matière de coopération avec le Royaume-Uni, notamment dans les domaines du commerce et de la défense, ainsi que le soutien renouvelé à l’Ukraine, qui constitue pour lui une démonstration tangible de la solidarité européenne.
Dans un contexte international de plus en plus tendu, les propos du chancelier allemand traduisent une volonté d’affirmation politique de l’Europe face à une Amérique trumpienne plus agressive et méfiante à l’égard de ses partenaires traditionnels.