Face à la menace russe, l’Allemagne annonce le renforcement de son armée avec 60 000 soldats supplémentaires
Face à la menace russe, l’Allemagne annonce le renforcement de son armée avec 60 000 soldats supplémentaires

L’Allemagne a annoncé jeudi son intention de renforcer considérablement sa force militaire, en recrutant jusqu’à 60 000 soldats supplémentaires afin de répondre aux nouvelles exigences de l’OTAN. Ce renforcement porterait l’effectif total de la Bundeswehr à environ 260 000 hommes, selon le ministre de la Défense, Boris Pistorius. Cette décision intervient alors que l’alliance atlantique met en œuvre de nouveaux objectifs en matière d’armement et de personnel, dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie.

« Nous assumons nos responsabilités en tant que première économie européenne », a affirmé Pistorius à l’ouverture d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles. Les nouvelles directives s’appuient sur des plans de défense mis à jour pour la première fois depuis la fin de la guerre froide. Ces documents classifiés prévoient les réponses des forces alliées en cas d’attaque russe, révélant d’importantes lacunes, notamment en matière de troupes terrestres, de munitions, de défense aérienne et de communication sécurisée.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a souligné la nécessité d’investissements massifs pour combler ces manques. Il a évoqué la priorité donnée aux systèmes de défense aérienne, aux missiles longue portée, aux unités mobiles terrestres et aux infrastructures de commandement. Le renforcement allemand s’inscrit donc dans une stratégie plus large visant à accroître la capacité de réaction de l’alliance.

À lui seul, Berlin devrait fournir sept brigades supplémentaires, soit environ 40 000 soldats, selon des sources proches du dossier. Cependant, la tâche s’annonce ardue : l’objectif précédent de 203 000 soldats n’a toujours pas été atteint, et la Bundeswehr accuse actuellement un déficit de 20 000 effectifs. Ce constat relance le débat sur un éventuel retour de la conscription, suspendue depuis 2011.

Pistorius a reconnu les limites actuelles de l’armée allemande, notamment en termes d’infrastructures d’accueil et de formateurs. Il envisage pour l’instant un service militaire volontaire, tout en misant sur l’attractivité de la Bundeswehr pour rallier suffisamment de jeunes. Ce plan s’accompagne d’un changement de cap budgétaire significatif : l’Allemagne a assoupli sa règle d’or sur l’endettement pour accroître ses dépenses militaires et a soutenu la proposition de Mark Rutte de porter à 5 % du PIB les contributions des États membres de l’OTAN.

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