Erdogan annonce une « nouvelle phase » dans le processus de paix avec le PKK (AP)
Erdogan annonce une « nouvelle phase » dans le processus de paix avec le PKK (AP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi qu’une « nouvelle phase » venait de s’ouvrir dans les efforts visant à mettre fin à des décennies de conflit entre la Turquie et les militants kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le chef de l’État a évoqué la possibilité d’un dialogue élargi, incluant même Abdullah Öcalan, le fondateur emprisonné du mouvement.

S’exprimant devant les députés de son parti, l’AKP, Erdogan a affirmé avoir eu des discussions « très constructives » avec des responsables du parti pro-kurde DEM, qui milite pour la participation d’Öcalan à une commission parlementaire sur le désarmement du PKK. « Il semble que nous soyons arrivés à un nouveau tournant sur la voie d’une Turquie libérée du terrorisme. Chacun doit faire sa part », a déclaré le président.

Le DEM, principal parti représentant l’électorat kurde, a salué ces propos tout en appelant à « un processus de paix transparent et inclusif ». Le parti a souligné que toute solution durable devait reconnaître le rôle d’Öcalan, toujours emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999, et dont les précédents appels à la trêve avaient favorisé une baisse temporaire des violences au début des années 2010.

Le gouvernement turc n’a pas encore confirmé si un contact officiel serait autorisé avec le chef du PKK. Ce dernier, qui avait appelé en 2013 ses partisans à déposer les armes, demeure une figure centrale pour une grande partie de la population kurde. La tentative de paix initiée à cette époque s’était effondrée en 2015, entraînant un retour des affrontements dans le sud-est du pays.

Les déclarations d’Erdogan interviennent également dans un contexte politique particulier : son allié nationaliste Devlet Bahçeli a récemment estimé que la libération de Selahattin Demirtaş, ancien leader du parti pro-kurde emprisonné depuis 2016, serait « bénéfique » pour la Turquie. Ce revirement du dirigeant du MHP, longtemps hostile à toute concession au mouvement kurde, a été perçu comme un signal d’ouverture inédit.

Si la « nouvelle phase » évoquée par Erdogan reste encore floue, elle marque néanmoins un changement de ton par rapport à la ligne dure adoptée depuis 2015. Les observateurs y voient la possible relance d’un dialogue politique avec les représentants kurdes, sur fond de volonté présidentielle de restaurer la stabilité intérieure et de consolider son image avant les prochaines échéances électorales.

Que retenir rapidement ?

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi qu’une « nouvelle phase » venait de s’ouvrir dans les efforts visant à mettre fin à des décennies

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