ANKARA – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé samedi Israël de chercher délibérément à faire échouer les négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, en lançant des attaques contre le territoire iranien à la veille d’un nouveau cycle de discussions. Selon lui, ces frappes démontrent la volonté d’Israël d’éviter toute solution diplomatique.
« Ces attaques sont une tentative claire de sabotage », a déclaré Erdogan lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui se tenait à Istanbul. Il a ajouté qu’Israël ne souhaitait pas résoudre les tensions par des moyens pacifiques et diplomatiques, mais persistait dans une logique de confrontation militaire.
Le chef de l’État turc a appelé les pays disposant d’un pouvoir d’influence sur Israël à ne pas se laisser duper par ce qu’il a qualifié de « poison » israélien, et à privilégier le dialogue pour parvenir à une désescalade au Moyen-Orient. Il a exhorté ces nations à intensifier leurs efforts diplomatiques pour contenir la crise et relancer les négociations autour du programme nucléaire iranien.
Ces déclarations interviennent dans un contexte d’extrême tension entre Israël et l’Iran, marqué par des échanges de frappes militaires et un risque accru de régionalisation du conflit. Les puissances occidentales, notamment les États-Unis et les membres de l’Union européenne, tentent de relancer des discussions avec Téhéran sur la limitation de ses capacités nucléaires, alors que l’Iran s’est éloigné de plusieurs engagements pris dans le cadre de l’accord de Vienne de 2015.
La Turquie, qui cherche depuis plusieurs années à se positionner comme médiatrice dans les conflits du Moyen-Orient, renforce ainsi sa posture diplomatique en appelant à une solution politique à la crise. Erdogan a également plaidé pour une action concertée des pays musulmans afin de faire entendre une voix unie face à ce qu’il considère comme une menace pour la stabilité régionale.