Droits de douane, Macron répond à Trump: "Aucune intimidation ni menace ne saurait nous influencer." (AP, Entrevue)
Droits de douane, Macron répond à Trump: « Aucune intimidation ni menace ne saurait nous influencer. » (AP, Entrevue)

La question du Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark et stratégique en raison de sa position en Arctique, provoque une nouvelle crispation entre les États-Unis et plusieurs pays européens. En cause, des déclarations de Donald Trump visant huit États européens, dont la France, après leur soutien explicite à la souveraineté du Groenland face aux ambitions américaines. Le président américain a évoqué l’instauration de droits de douane punitifs de 10%, ravivant les tensions commerciales et diplomatiques transatlantiques.

Emmanuel Macron condamne des pressions économiques sans équivoque

Emmanuel Macron a réagi publiquement en qualifiant ces menaces tarifaires d’« inacceptables ». Dans un message publié sur le réseau social X, le président français a rappelé la position constante de la France en matière de relations internationales : « La France est attachée à la souveraineté et à l’indépendance des Nations, en Europe comme ailleurs. Cela préside à nos choix. Cela fonde notre attachement aux Nations unies et à notre Charte. »

Il a inscrit cette ligne diplomatique dans une continuité plus large, évoquant également l’engagement français en Ukraine : « C’est à ce titre que nous soutenons et continuerons de soutenir l’Ukraine, et que nous avons bâti une coalition des volontaires pour une paix robuste et durable, pour défendre ces principes et notre sécurité. »

Le soutien européen au Groenland assumé par Paris

Le chef de l’État a également confirmé la participation de la France à un exercice mené au Groenland à l’initiative du Danemark, soulignant les enjeux sécuritaires dans la région arctique : « C’est à ce titre aussi que nous avons décidé de nous joindre à l’exercice décidé par le Danemark au Groenland. Nous l’assumons. Aussi car il en va de la sécurité en Arctique et aux confins de notre Europe. »

Face aux pressions américaines, Emmanuel Macron a insisté sur la fermeté de la position française : « Aucune intimidation ni menace ne saurait nous influencer, ni en Ukraine, ni au Groenland, ni ailleurs dans le monde lorsque nous sommes confrontés à de telles situations. »

Des menaces de droits de douane annoncées par Donald Trump

Pour rappel, samedi, Donald Trump a déclaré son intention d’imposer des droits de douane de 10% à compter du 1er février, portés à 25% au 1er juin, à l’encontre de la France, du Danemark, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et des Pays-Bas. Ces mesures seraient, selon lui, une réponse à ce qu’il considère comme une ingérence européenne au Groenland.

Sur son réseau Truth Social, l’ancien président américain a écrit : « Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se sont rendus au Groenland dans un but inconnu […] Ces pays, qui se livrent à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable », faisant référence à un déploiement militaire européen, information contestée par plusieurs capitales.

Une réponse européenne annoncée et coordonnée

Emmanuel Macron a prévenu que l’Union européenne ne resterait pas passive si ces mesures venaient à être confirmées : « Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. »

Il a précisé son intention d’échanger rapidement avec les partenaires européens de la France afin d’harmoniser la réponse diplomatique et commerciale.

Le Groenland, véritable enjeu stratégique pour les grandes puissances

Le contexte géopolitique sensible, marqué par la militarisation croissante de l’Arctique et la course pour l’accès aux ressources naturelles, explique les tensions autour du Groenland, devenu un véritable enjeu stratégique pour les grandes puissances, tant pour ses minerais rares que pour ses routes maritimes potentielles. De son côté, l’ONU rappelle régulièrement l’importance du respect du droit international et de l’autodétermination des peuples, principes invoqués par Paris et ses partenaires européens dans ce dossier.

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