Le président américain Donald Trump s’apprête à signer un décret mettant officiellement fin aux sanctions des États-Unis contre la Syrie, a annoncé lundi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Cette mesure marque un tournant majeur dans la politique américaine au Moyen-Orient et intervient quelques mois seulement après la chute du régime de Bachar al-Assad, renversé en janvier 2025 après plus d’une décennie de guerre civile.
Déjà en mai, Donald Trump avait amorcé un changement d’approche en levant plusieurs mesures restrictives afin de faciliter la reconstruction du pays ravagé. Le décret attendu ce lundi viendra formaliser la levée complète des sanctions économiques et financières imposées au fil des années à la Syrie, dans le cadre d’une stratégie de pression contre le régime d’Assad et ses soutiens.
La Maison Blanche justifie cette décision par la nécessité d’aider le peuple syrien à se relever après des années de conflit ayant causé la mort de centaines de milliers de personnes et le déplacement de millions d’autres. Selon Karoline Leavitt, « le président estime que le moment est venu de tourner la page et de permettre à la Syrie d’entrer dans une nouvelle ère de stabilité et de reconstruction ».
Cette initiative risque toutefois de susciter des réactions contrastées au sein de la communauté internationale. Si certains alliés de Washington, notamment dans le Golfe, pourraient saluer un geste d’apaisement, d’autres — en particulier des membres du Congrès américain — dénoncent déjà un abandon prématuré des leviers de pression sur les anciens responsables du régime.
Depuis le renversement de Bachar al-Assad, la Syrie est dirigée par un gouvernement de transition dont la composition reste fragile. De nombreuses zones du pays restent instables, et plusieurs milices, y compris des groupes soutenus par des puissances étrangères, y exercent encore une influence.
Pour Donald Trump, qui fait campagne pour un second mandat non consécutif, cette décision s’inscrit dans une stratégie de politique étrangère visant à réduire les engagements militaires et économiques prolongés à l’étranger. Elle pourrait également être perçue comme un geste envers les électeurs réticents à voir les États-Unis intervenir dans des conflits extérieurs prolongés.
Le décret présidentiel devrait être signé dans les prochaines heures, confirmant un changement d’orientation historique de la diplomatie américaine vis-à-vis de la Syrie, après plus de quinze ans de tensions, d’hostilité diplomatique et de sanctions.