Crise diplomatique : le Canada dénonce les mandats d’arrêt émis par Hong Kong contre des militants pro-démocratie
Crise diplomatique : le Canada dénonce les mandats d’arrêt émis par Hong Kong contre des militants pro-démocratie

Le Canada a fermement condamné samedi les mandats d’arrêt lancés par les autorités de Hong Kong à l’encontre de militants pro-démocratie vivant à l’étranger, dénonçant une « répression transnationale » orchestrée par Pékin à travers sa loi sur la sécurité nationale. Ces mandats visent notamment des personnes de nationalité canadienne ou ayant des liens étroits avec le pays, ce qui a suscité une vive réaction d’Ottawa.

« Les individus ciblés hier en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong comprennent des Canadiens et des personnes ayant des liens étroits avec le Canada », a déclaré le gouvernement canadien dans un communiqué officiel. Il a ajouté que toute tentative des autorités de Hong Kong de faire pression, d’intimider ou de contraindre des personnes se trouvant au Canada serait inacceptable et ne serait pas tolérée.

La police de sécurité nationale de Hong Kong a annoncé vendredi avoir émis des mandats d’arrêt contre 19 militants exilés, les accusant de subversion, dans ce qui constitue la plus vaste opération de ce type à ce jour. Ces mesures s’inscrivent dans la stratégie de Pékin pour museler l’opposition politique hongkongaise, même au-delà de ses frontières, en invoquant la loi imposée en 2020, qui punit sévèrement toute contestation jugée séditieuse ou séparatiste.

Les militants visés, dont plusieurs sont installés en Amérique du Nord, en Europe ou en Australie, sont accusés d’avoir continué à organiser des campagnes pour la démocratie et les droits de l’homme à Hong Kong, malgré leur exil. Pékin les considère comme des menaces à la sécurité nationale, alors que les critiques internationaux y voient une grave atteinte à la liberté d’expression.

Le Canada, qui abrite une importante diaspora hongkongaise, a déjà suspendu son traité d’extradition avec Hong Kong en 2020 à la suite de l’imposition de la loi sur la sécurité nationale. Cette nouvelle escalade pourrait raviver les tensions entre Ottawa et Pékin, déjà fragilisées par d’autres différends diplomatiques ces dernières années.

Dans son communiqué, le gouvernement canadien a réaffirmé son engagement envers la protection des droits fondamentaux, y compris la liberté d’expression et d’association, et a appelé la communauté internationale à « se tenir aux côtés des militants démocrates » face à la répression exercée par les autorités hongkongaises.

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