Un nouvel épisode de tensions entre Paris et Alger. Dimanche 11 mai, les autorités algériennes ont exigé le « rapatriement immédiat » de quinze agents français récemment envoyés en renfort temporaire en Algérie, notamment dans les services consulaires chargés des visas. Cette décision survient alors que les relations bilatérales, déjà gelées, peinent à retrouver un cap depuis les précédentes expulsions réciproques d’avril dernier.

L’ombre du renseignement et d’un article explosif

Officiellement, Alger reproche à la France de retarder l’accréditation de plusieurs consuls et de contourner les règles de l’accord bilatéral de 2013 en affublant de passeports diplomatiques des agents précédemment titulaires de passeports de service. Mais selon plusieurs observateurs, cette nouvelle escalade serait aussi motivée par la publication d’un article dans le Journal du Dimanche, évoquant des « barbouzeries » algériennes en France et accusant directement le régime de Tebboune de vouloir faire taire ses opposants exilés.

Dans les coulisses du Quai d’Orsay, l’incompréhension domine. Les autorités françaises démentent l’existence de quinze agents non signalés, assurant que les personnels envoyés récemment n’avaient aucun lien avec les services de renseignement et étaient affectés à la sécurité ou au soutien consulaire. La France, qui avait déjà expulsé douze diplomates algériens en avril, prépare désormais sa riposte.

Ce nouvel accroc diplomatique pourrait perturber gravement la délivrance de visas pour les Algériens souhaitant se rendre en France. Il marque un nouveau point de rupture dans une relation historiquement complexe, où les gestes de réconciliation peinent à survivre aux crises récurrentes.

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