Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a promis samedi que la Corée du Nord « sortirait victorieuse » dans ce qu’il qualifie de lutte « anti-impérialiste et anti-américaine », à l’occasion du 71e anniversaire de l’armistice de la guerre de Corée, signé le 27 juillet 1953. C’est ce qu’a rapporté l’agence d’État KCNA, alors que Pyongyang multiplie les démonstrations de force militaire dans le contexte international tendu.
Lors d’une visite au Musée de la Guerre de la Libération de la Patrie, Kim a salué les « exploits héroïques » du peuple nord-coréen et déclaré que le pays atteindrait son objectif de devenir un État prospère doté d’une armée invincible. Pour le régime, cette date est célébrée comme le « Jour de la Victoire », bien que la guerre se soit achevée sans vainqueur déclaré et ait laissé la péninsule divisée.
Dans le cadre des commémorations, Kim s’est aussi rendu au monument de l’Amitié sino-coréenne et a rencontré des soldats d’un régiment d’artillerie. Ce geste symbolique souligne une nouvelle fois le lien historique avec la Chine, alliée militaire de la Corée du Nord pendant la guerre.
Soutien à la Russie et tensions régionales
L’événement survient dans un contexte géopolitique explosif : Pyongyang soutient désormais activement la Russie dans la guerre en Ukraine. Des soldats nord-coréens ont été déployés dans la région de Koursk et des livraisons d’armes et de munitions à Moscou ont été signalées par plusieurs sources occidentales.
En réaction, la Corée du Sud envisage de renforcer sa propre présence militaire, notamment avec des déploiements supplémentaires dès cet été. Séoul ne commémore pas la fin de la guerre de Corée avec des événements publics majeurs, contrairement au Nord, mais suit de près les provocations de Pyongyang.
Une rhétorique familière, mais préoccupante
Le discours de Kim Jong-un s’inscrit dans la continuité de sa stratégie : allier culte du passé, renforcement militaire et défiance envers Washington et ses alliés. Alors que la Corée du Nord s’aligne de plus en plus sur les positions russes et chinoises, cette rhétorique risque de renforcer davantage la polarisation régionale, en particulier dans le contexte actuel de guerre en Ukraine et de tensions sino-américaines.
L’appel de Kim à une « victoire » contre les États-Unis sonne comme une réaffirmation de sa politique de confrontation, dans un climat où les alliances militaires mondiales prennent un nouveau relief.