La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a fermement écarté, mardi, la possibilité d’une mission militaire américaine sur le sol mexicain, en réaction à un reportage de NBC News affirmant que Washington planifiait une opération anti-cartel d’envergure. Selon cette enquête, les États-Unis envisageraient d’envoyer des troupes et des agents de renseignement au Mexique pour combattre les organisations criminelles responsables du trafic de drogue.
« Cela n’arrivera pas », a tranché Claudia Sheinbaum lors de sa conférence de presse quotidienne tenue au Palais national à Mexico. « Nous n’avons reçu aucune information allant dans ce sens… Et d’ailleurs, nous n’y sommes pas favorables. » La cheffe de l’État a rappelé que toute intervention militaire étrangère violerait la souveraineté du pays, réaffirmant la position historique du Mexique contre toute ingérence extérieure.
Les propos de Sheinbaum interviennent alors que les États-Unis ont récemment intensifié leurs opérations militaires dans la région. Depuis le mois de septembre, l’administration Trump a mené plusieurs frappes meurtrières contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue dans les Caraïbes et l’est du Pacifique. Ces attaques ont fait des dizaines de morts, que Washington présente comme des trafiquants de drogue — sans fournir de preuves à l’appui de ces affirmations.
Ce n’est pas la première fois que l’idée d’une intervention américaine au Mexique refait surface. Déjà sous la présidence d’Andrés Manuel López Obrador, Donald Trump avait proposé d’envoyer des forces spéciales américaines pour appuyer la lutte contre les cartels. Une offre à laquelle le gouvernement mexicain s’était également opposé, au nom du respect de sa souveraineté nationale.
Claudia Sheinbaum, entrée en fonction en 2024, poursuit la même ligne diplomatique que son prédécesseur : coopération avec Washington, mais refus catégorique d’une présence militaire américaine sur le territoire mexicain. Pour la présidente, la lutte contre le narcotrafic doit passer par le renforcement des institutions locales et la coopération internationale, non par une intervention armée étrangère.