Bruxelles durcit le ton contre Moscou, mais l’unité européenne vacille
Bruxelles durcit le ton contre Moscou, mais l’unité européenne vacille

L’Union européenne hausse une nouvelle fois le niveau de pression sur la Russie. Hier mardi, la Commission a présenté un 18ᵉ paquet de sanctions ciblant frontalement les revenus énergétiques et bancaires du Kremlin. Mais pour que ces mesures voient le jour, encore faut-il convaincre l’ensemble des États membres,  une tâche loin d’être gagnée.

Coup de semonce sur l’énergie et les banques

Bruxelles propose un coup de frein net aux revenus pétroliers russes : plafonnement du prix du baril à 45 dollars (contre 60 actuellement), interdiction totale des transactions liées aux gazoducs Nord Stream 1 et 2, et blocage de 22 banques supplémentaires. Un nouveau volet d’exportations vers la Russie, représentant 2,5 milliards d’euros de machines, plastiques, métaux ou produits chimiques, serait également interdit. Selon Ursula von der Leyen, ces mesures sont vitales pour affaiblir la machine de guerre russe : « Le pétrole représente encore un tiers des recettes de Moscou », a-t-elle martelé, en appelant à l’appui du G7, qui se réunira dans quelques jours au Canada. Elle affirme que les effets des sanctions sont déjà visibles, avec une chute de 30 % des exportations maritimes russes de pétrole en une semaine, et une baisse de 6 milliards du fonds souverain en mai.

Frictions diplomatiques et menace de veto

Mais l’unanimité requise pour l’adoption du texte fait déjà défaut. La Slovaquie, par la voix de son Premier ministre Robert Fico, a menacé de poser son veto si les mesures nuisent à son économie. Une position assumée au nom de l’intérêt national, et soutenue par une résolution parlementaire. Ce signal d’alerte s’ajoute aux tensions croissantes entre les États membres, dont certains commencent à questionner l’efficacité et les limites politiques de la stratégie des sanctions prolongées. Pour éviter un blocage, la présidence polonaise de l’UE espère finaliser le processus avant le 30 juin, date de son passage de témoin. Une première réunion entre ambassadeurs a lieu dès ce soir, avant un Conseil des Affaires étrangères prévu le 23 juin. Si l’impact économique sur la Russie semble réel, celui sur la cohésion européenne l’est tout autant. Et face à une guerre qui s’enlise, Bruxelles sait que chaque nouveau tour de vis diplomatique devient plus difficile à faire accepter.

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