Berlin hausse le ton : le nouveau chef de la chancellerie allemande appelle à des sanctions énergétiques contre Moscou
Berlin hausse le ton : le nouveau chef de la chancellerie allemande appelle à des sanctions énergétiques contre Moscou

Thorsten Frei, récemment nommé chef de cabinet du nouveau chancelier allemand Friedrich Merz, a déclaré jeudi que l’Europe devait « sortir de sa zone de confort » et envisager des sanctions bien plus sévères à l’encontre de la Russie, y compris une interdiction d’importation de gaz ou d’uranium et l’exploitation des avoirs gelés de l’État russe. Dans un entretien accordé à Reuters depuis son bureau à la chancellerie, Frei a souligné que seule une réponse ferme pouvait envoyer un message clair à Vladimir Poutine.

« Ce sont exactement le genre de mesures qui pourraient réellement nuire à la Russie – et ainsi obtenir l’impact que nous souhaitons réellement avec les sanctions », a-t-il affirmé. Alors que l’Union européenne prépare une nouvelle série de mesures punitives contre Moscou, Frei insiste pour qu’elles aillent au-delà du « statu quo » et n’hésitent pas à impacter aussi certains États membres de l’Union, si nécessaire.

Cette déclaration intervient alors que l’UE et le Royaume-Uni ont déjà renforcé leur arsenal de sanctions cette semaine, visant notamment la « flotte fantôme » de pétroliers russes et des sociétés financières accusées d’aider le Kremlin à contourner les restrictions existantes. Berlin appelle désormais à un durcissement encore plus significatif, ciblant potentiellement le gazoduc Nord Stream et les intérêts énergétiques russes.

Le chancelier Merz lui-même a évoqué la semaine dernière la possibilité de confisquer les avoirs russes gelés si le cadre juridique européen le permettait. Il a aussi confirmé que des discussions sont en cours à Bruxelles sur de nouvelles sanctions énergétiques, bien que certains partenaires restent réticents à franchir cette ligne rouge.

Pour Thorsten Frei, la position allemande est claire : Vladimir Poutine ne cherche pas la paix. « Il joue la montre », a-t-il affirmé, soulignant que les pourparlers de paix récents à Istanbul entre la Russie et l’Ukraine ont été accompagnés d’une intensification des bombardements russes. Frei estime que Moscou veut imposer des faits militaires sur le terrain pour mieux négocier, et que seule une pression maximale pourra faire reculer le Kremlin.

Interrogé sur un éventuel renforcement du soutien militaire à l’Ukraine, Frei n’a pas exclu une hausse du budget alloué, qui s’élève déjà à 7 milliards d’euros pour l’année en cours. Aucune nouvelle enveloppe n’a cependant été précisée pour l’instant. Le durcissement du ton à Berlin laisse néanmoins entrevoir un soutien croissant à Kyiv sur le long terme, tant sur le plan militaire qu’économique.

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