Bagdad menace le Kurdistan irakien de poursuites pour contrebande pétrolière persistante
Bagdad menace le Kurdistan irakien de poursuites pour contrebande pétrolière persistante

Le gouvernement irakien a accusé jeudi le gouvernement régional kurde (GRK) de poursuivre illégalement la contrebande de pétrole depuis la région autonome du Kurdistan, affirmant qu’il le tenait légalement responsable de ces activités et se réservait le droit d’engager des actions en justice. Cette déclaration marque un nouvel épisode dans les tensions chroniques entre Bagdad et Erbil au sujet du contrôle des ressources pétrolières.

Le ministère du Pétrole irakien reproche au GRK de ne pas respecter une décision de la Cour fédérale de 2022, qui avait jugé inconstitutionnelle une loi régionale encadrant l’industrie pétrolière kurde. Cette décision imposait aux autorités kurdes de remettre à l’État central les réserves de brut extraites de leurs champs. Selon Bagdad, la poursuite de la contrebande compromet les exportations nationales, les recettes publiques et les engagements du pays vis-à-vis de l’OPEP.

Bagdad affirme que le non-respect de cette obligation par le GRK contraint le gouvernement central à réduire la production dans d’autres champs pétroliers afin de rester dans les quotas fixés par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Ces flux de brut kurde sont en effet comptabilisés dans les volumes totaux attribués à l’Irak, ce qui accentue la pression sur le pays pour éviter les sanctions ou pénalités internationales.

Le ministère a mis en garde contre les pertes financières considérables que pourrait subir l’Irak si la situation perdure, insistant sur le fait qu’elle nuirait également à la réputation du pays sur les marchés pétroliers mondiaux. Il a réitéré ses appels à une coopération immédiate de la part du GRK pour remettre la production sous contrôle de Bagdad.

Les négociations pour relancer les exportations de pétrole kurde via l’oléoduc Irak-Turquie sont actuellement dans l’impasse, les parties ne parvenant pas à s’entendre sur les modalités contractuelles et les paiements. Avant son arrêt, cet oléoduc acheminait environ 0,5 % de l’offre mondiale de pétrole, soulignant l’importance stratégique de ce corridor énergétique.

Ce différend survient alors que des manifestants kurdes ont récemment bloqué des routes utilisées par des camions transportant du pétrole près de Sulaymaniyah, illustrant les tensions croissantes sur le terrain. Alors que le Kurdistan revendique une autonomie de gestion de ses ressources, Bagdad insiste sur la souveraineté nationale en matière d’exportation et de revenus pétroliers.

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