Arrestation de Victoire Ingabire au Rwanda : l'opposition dénonce une manœuvre politique
Arrestation de Victoire Ingabire au Rwanda : l'opposition dénonce une manœuvre politique

La célèbre opposante rwandaise Victoire Ingabire a été arrêtée jeudi, accusée par les autorités d’incitation aux troubles à l’ordre public et de participation à la création d’une organisation criminelle. Cette nouvelle détention, annoncée par le Bureau d’enquêtes du Rwanda, a immédiatement suscité des protestations de son avocat, qui y voit une mesure motivée par des considérations politiques.

Ingabire, figure emblématique de l’opposition au président Paul Kagame, dirige le parti DALFA–Umurinzi, non reconnu officiellement par les autorités. Réfugiée à l’étranger pendant des années, elle était revenue au Rwanda en 2010 dans l’espoir de se présenter à l’élection présidentielle. Elle en avait été empêchée après avoir été inculpée pour des propos jugés négationnistes du génocide de 1994.

Deux ans plus tard, elle avait été condamnée à une peine de prison pour des accusations liées à un complot visant à former un groupe armé et à la minimisation du génocide. Ingabire a toujours nié ces charges, se présentant comme une prisonnière politique. Elle avait finalement été libérée en 2018, après huit ans de détention.

Selon le Bureau d’enquêtes rwandais, elle est désormais soupçonnée d’avoir « joué un rôle dans la création d’une organisation criminelle » et d’avoir « commis des actes incitant à l’ordre public ». Aucune date n’a encore été annoncée pour son éventuelle mise en accusation formelle.

L’un de ses avocats a dénoncé une volonté manifeste d’écarter une opposante tenace du paysage politique à l’approche des échéances électorales. De nombreuses organisations de défense des droits humains ont par le passé critiqué le régime de Kigali pour son intolérance envers toute opposition crédible.

L’arrestation d’Ingabire intervient dans un contexte de répression politique croissante au Rwanda, où les partis d’opposition peinent à exister face à l’hégémonie du Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir. Pour les partisans d’Ingabire, cette nouvelle arrestation ne vise qu’à réduire au silence une voix dissidente de plus.

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