Après une attaque meurtrière de drone, Kiev et ses alliés exigent de nouvelles sanctions contre Moscou
Après une attaque meurtrière de drone, Kiev et ses alliés exigent de nouvelles sanctions contre Moscou

KYIV, 17 mai 2025 — Moins de vingt-quatre heures après les premières négociations de paix directes entre la Russie et l’Ukraine depuis plus de trois ans, une frappe de drone russe a tué neuf civils dans le nord-est de l’Ukraine, déclenchant une nouvelle vague d’indignation internationale et d’appels à un durcissement des sanctions contre Moscou.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a dénoncé un « assassinat délibéré de civils » après qu’un drone a ciblé une camionnette dans la région de Soumy, tuant ses occupants. « Les Russes ne pouvaient pas ignorer de quel type de véhicule il s’agissait », a-t-il déclaré sur le réseau social X, appelant à une pression renforcée sur le Kremlin pour « faire cesser les massacres ».

Les images publiées par la police montrent un véhicule criblé de débris, le toit arraché et les vitres soufflées. Cette attaque intervient alors que les discussions d’Istanbul entre délégations ukrainienne et russe se sont achevées vendredi sans avancée majeure, si ce n’est un accord sur un échange de prisonniers. Aucune trêve temporaire n’a été conclue.

Zelenskiy a critiqué la Russie pour avoir envoyé « une délégation faible et non préparée » à ces pourparlers. Il a exhorté les États-Unis, l’Union européenne et les alliés de l’Ukraine à adopter rapidement de nouvelles sanctions économiques. « La diplomatie doit se mettre en branle », a-t-il insisté.

Le président américain Donald Trump, qui a récemment mené une tournée au Moyen-Orient, a affirmé qu’aucune percée diplomatique n’était possible sans une rencontre directe entre lui et Vladimir Poutine. Le Kremlin a reconnu samedi que des discussions sur une telle rencontre étaient envisageables, mais à condition d’avoir « des accords » préalables.

En déplacement à Islamabad, le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy a fustigé l’« opacité » de Moscou et son manque de sérieux dans la recherche d’un règlement. Emmanuel Macron, depuis Tirana, a accusé Vladimir Poutine de « cynisme » et mis en garde contre une absence totale de résultats. Il a dit attendre une réaction de Donald Trump, « soucieux de la crédibilité des États-Unis ».

Alors que la Russie exige des concessions territoriales majeures pour avancer dans les pourparlers, Kiev et ses alliés occidentaux redoutent que le Kremlin ne cherche à gagner du temps tout en poursuivant son offensive militaire. La question d’une rencontre entre Zelenskiy et Poutine reste en suspens, dans un contexte où Moscou conteste désormais la légitimité du président ukrainien.

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