Au lendemain de l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU du plan en 20 points présenté par le président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé les pays de la région à s’unir pour « expulser le Hamas et ses partisans ». Une prise de position qui, malgré son soutien officiel au plan, révèle des divergences importantes avec Washington.
Netanyahu avait approuvé publiquement ce plan lors d’une visite à la Maison Blanche en septembre. Mais mardi, dans une série de messages publiés sur X, il a semblé adopter une ligne plus dure, saluant le vote de l’ONU tout en insistant sur la nécessité d’une « démilitarisation, d’un désarmement et d’une déradicalisation complets » de Gaza. L’expression « expulser le Hamas » a suscité des interrogations immédiates : son porte-parole a précisé qu’il s’agissait de garantir que le mouvement islamiste « n’ait plus aucune capacité à gouverner » dans l’enclave.
Cette position contraste avec le contenu du plan lui-même, qui ne prévoit pas l’expulsion du Hamas. Le document inclut une clause offrant une amnistie aux membres du groupe à condition qu’ils renoncent à la violence, se désarment et s’engagent à une coexistence pacifique. Les membres souhaitant partir pourraient bénéficier d’un sauf-conduit vers des pays tiers. Aucune disposition n’exige cependant la dissolution du Hamas.
Le mouvement palestinien a rejeté la résolution de l’ONU, estimant qu’elle ne répond pas aux droits du peuple palestinien et qu’elle instaure un mécanisme international de tutelle. Le Hamas affirme qu’une force internationale perdrait toute neutralité si elle tentait de le désarmer, mais il n’a pas totalement fermé la porte, selon l’analyste gazaouie Reham Owda, qui y voit davantage une volonté de négocier les modalités du dispositif proposé.
Le plan de Trump, soutenu par une majorité de membres du Conseil de sécurité, autorise le déploiement temporaire d’une force multinationale chargée de stabiliser Gaza après la guerre, ainsi que la création d’un « Conseil de la paix » responsable de la reconstruction et du redressement économique. Toutefois, des diplomates affirment que l’absence de calendrier et de mécanismes clairs complique fortement sa mise en œuvre, d’autant que les positions israélienne et du Hamas demeurent inconciliables sur des points essentiels.
Sur le terrain, un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre, mais Israël contrôle toujours 53 % du territoire gazaoui. Les deux camps s’accusent régulièrement de violations. À Gaza, certains Palestiniens se disent prêts à accepter une force internationale si elle garantit le retrait total de l’armée israélienne. « Le Hamas ne peut pas décider seul de notre sort, mais nous ne voulons pas remplacer une occupation par une autre », confie Abou Abdallah, homme d’affaires déplacé dans le centre de l’enclave.
L’adoption du plan par l’ONU, saluée par Trump comme un « moment historique », ouvre une nouvelle phase diplomatique délicate. Mais les fractures persistantes entre les protagonistes laissent présager un processus long et complexe avant toute stabilisation durable de la région.