La junte au pouvoir au Myanmar a annoncé avoir arrêté plus de 200 personnes en vertu d’une nouvelle loi électorale, à quelques jours des élections générales prévues le 28 décembre, suscitant de vives critiques d’organisations de surveillance internationales. Ces arrestations interviennent dans un pays plongé dans une guerre civile depuis le coup d’État militaire de 2021 qui a renversé le gouvernement civil.
Selon les autorités, au moins 229 personnes ont été inculpées pour tentative de sabotage du processus électoral en application de la loi dite de « protection des élections », promulguée en juillet. Le quotidien officiel Global New Light of Myanmar, contrôlé par la junte, a rapporté ces chiffres sans fournir de détails sur l’identité des personnes arrêtées ni sur les chefs d’accusation précis retenus contre elles.
Cette législation est vivement dénoncée par le Réseau asiatique pour des élections libres (ANFREL), qui avait été observateur international accrédité lors des scrutins de 2015 et 2020. L’organisation estime que la loi constitue une menace majeure pour toute expression critique et sert à étouffer la dissidence plutôt qu’à garantir l’intégrité du vote.
Le texte interdit toute action susceptible de perturber le scrutin, y compris l’organisation de manifestations et certaines formes de critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Les sanctions prévues sont particulièrement sévères, allant de peines de prison de trois ans jusqu’à la peine de mort pour les infractions les plus graves.
Des groupes de défense des droits humains accusent les autorités d’utiliser cette loi pour cibler journalistes, artistes, militants politiques et simples citoyens opposés au régime. Le porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, n’a pas répondu aux sollicitations de commentaires sur ces accusations.
Les élections prévues fin décembre sont largement considérées par les observateurs internationaux comme dépourvues de crédibilité, organisées dans un contexte de violences persistantes et d’exclusion de nombreux partis et candidats. Pour ses détracteurs, la vague d’arrestations renforce l’idée que ce scrutin vise avant tout à consolider le pouvoir militaire plutôt qu’à refléter la volonté du peuple birman.