Depuis le 23 juin, les visiteurs des jardins du château de Versailles peuvent faire une expérience inédite : converser oralement avec une vingtaine de statues et fontaines emblématiques du domaine. Cette initiative originale, née d’une collaboration entre le château, OpenAI et la start-up française Ask Mona, transforme la visite traditionnelle en un dialogue immersif et personnalisé, accessible via QR code et application mobile.
Une innovation technologique au cœur des jardins royaux
D’un simple scan sur leur téléphone, les promeneurs peuvent désormais interroger Apollon, Latone ou Milon de Crotone sur leur origine, leur symbolique ou leur rôle dans la mythologie. Ces interactions vocales instantanées, rendues possibles par la technologie Realtime d’OpenAI et les contenus historiques structuré par Ask Mona, sont disponibles en français, anglais et espagnol. L’expérience est accessible sur place ou à distance, via le parcours « Dialogue avec les sculptures de Versailles » proposé dans l’application du château.
Loin de se limiter à un enrichissement de la visite, cette initiative marque une première mondiale par son ambition : créer des échanges fluides et adaptés à chaque visiteur. « Depuis l’enfance, je joue. Pas seulement au théâtre, mais aussi aux jeux vidéo », a déclaré Thomas Jolly en évoquant le potentiel créatif du numérique dans la médiation culturelle (communiqué du château de Versailles). Ici, l’IA se fait médiatrice entre les œuvres et le public, révélant anecdotes, récits oubliés et secrets bien gardés.
Un levier d’expérience mais aussi de compréhension du public
Au-delà du divertissement, les questions posées par les visiteurs à ces statues bavardes permettront au château de mieux comprendre leurs attentes et de concevoir des parcours de visite adaptés. C’est l’un des objectifs affirmés par la présidente d’Ask Mona, Marion Carré, dans le communiqué officiel : « Chacun pourra explorer le jardin à son rythme, poser ses propres questions et suivre des chemins de découverte personnalisés. »
Cette technologie ne nécessite aucun investissement du château, selon France Inter, mais offre une vitrine mondiale à ses partenaires technologiques. Pour le président du domaine national, Christophe Leribault, cette démarche s’inscrit dans une longue tradition d’innovation scientifique à Versailles, de l’époque des Lumières jusqu’aux projets de réalité augmentée récents avec Google ou Ubisoft. « L’IA enrichira considérablement l’expérience des visiteurs », affirme-t-il.
Accessible jusqu’à l’hiver 2025, ce programme pourrait préfigurer une nouvelle ère pour les sites patrimoniaux. À Versailles, le passé ne se contemple plus seulement : il se raconte, et désormais, il vous répond.