Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a signé un décret officialisant l’intention de son pays de se retirer de la Convention d’Ottawa, qui interdit l’emploi, la production, le stockage et le transfert des mines antipersonnel. Cette décision, annoncée dimanche sur le site officiel de la présidence ukrainienne, marque un tournant important dans la posture défensive de Kiev face à l’intensification de l’agression militaire russe.
Ratifiée par l’Ukraine en 2005, la Convention d’Ottawa est un traité international de désarmement visant à éliminer les mines antipersonnel dans le monde. Le décret présidentiel affirme désormais le soutien du gouvernement ukrainien à une proposition du ministère des Affaires étrangères en faveur d’un retrait formel de cet accord signé en 1997.
Ce retrait ne sera pleinement effectif qu’après validation par le Parlement ukrainien. Roman Kostenko, secrétaire de la commission parlementaire de la sécurité nationale, a défendu la décision comme une réponse aux réalités du champ de bataille. « C’est une mesure que la réalité de la guerre exige depuis longtemps », a-t-il affirmé sur Facebook, dénonçant l’usage massif de mines antipersonnel par la Russie, qui n’a jamais été signataire du traité.
Kostenko a justifié le choix ukrainien par l’asymétrie juridique et militaire dans laquelle se trouve le pays. « Nous ne pouvons pas rester enfermés dans un environnement où l’ennemi n’a aucune restriction », a-t-il écrit, ajoutant que la législation à venir devait permettre à l’Ukraine de restaurer pleinement sa capacité à se défendre.
Ce développement intervient alors que la Russie intensifie ses offensives dans l’est et le sud du pays, bénéficiant d’une nette supériorité en effectifs et en ressources. L’utilisation d’armes prohibées ou controversées, telles que les mines, s’est multipliée, alimentant les débats sur l’équilibre entre respect du droit international humanitaire et impératif de survie nationale.
Le retrait ukrainien, s’il est entériné par le Parlement, constituerait une rupture importante avec la politique internationale de désarmement humanitaire et pourrait susciter de vives réactions sur la scène diplomatique.