L’administration du président Donald Trump a annoncé mercredi l’imposition de sanctions contre deux juges et deux procureurs de la Cour pénale internationale (CPI), intensifiant ainsi sa pression sur l’institution basée à La Haye. Cette décision cible des responsables judiciaires impliqués dans des procédures liées à Israël et à de précédentes enquêtes concernant des responsables américains.
Dans un communiqué, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a qualifié la CPI de « menace pour la sécurité nationale », accusant le tribunal d’être « un instrument de guerre juridique » dirigé contre les États-Unis et leur allié israélien. Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans une stratégie de confrontation prolongée entre Washington et la juridiction internationale.
Les sanctions visent le juge français Nicolas Yann Guillou, la magistrate fijiènne Nazhat Shameem Khan, le procureur sénégalais Mame Mandiaye Niang et la juriste canadienne Kimberly Prost. Tous ont pris part à des affaires examinant la conduite d’Israël ou les actions de responsables américains dans des contextes de conflits armés.
La réaction internationale a été immédiate. La Cour pénale internationale a dénoncé « une attaque flagrante contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale », exprimant sa « profonde consternation » face à une décision jugée susceptible d’entraver son bon fonctionnement. La France a appelé les États-Unis à lever sans délai ces sanctions, tandis que les Nations unies ont elles aussi exprimé leur désapprobation.
Ces mesures risquent de compliquer davantage les relations entre Washington et ses alliés européens, qui défendent la légitimité de la CPI comme instrument essentiel de lutte contre l’impunité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Elles renforcent également le clivage entre les partisans de la Cour et ses détracteurs, dans un contexte où son indépendance et son autorité restent régulièrement contestées.
En s’attaquant directement à des magistrats nommément désignés, l’administration Trump franchit une nouvelle étape dans son bras de fer avec l’institution internationale, au risque d’isoler davantage les États-Unis sur la scène diplomatique.