Un tribunal tunisien a condamné à mort un homme accusé d’avoir insulté le président Kais Saied et porté atteinte à la sécurité de l’État à travers des publications sur Facebook, ont annoncé vendredi son avocat et le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme.
Cette condamnation, qualifiée d’« inédite » par les défenseurs des droits humains, marque une escalade inquiétante dans la répression de la liberté d’expression en Tunisie. Le pays, longtemps considéré comme un espoir démocratique du monde arabe après la révolution de 2011, a vu ses libertés reculer depuis que Kais Saied a accaparé la quasi-totalité des pouvoirs en 2021.
Selon l’avocat de la défense, les publications incriminées contenaient des critiques virulentes du président et de sa politique, mais ne constituaient en aucun cas une menace réelle pour la sécurité nationale. Il a dénoncé un « verdict politique » et annoncé son intention de faire appel.
La Ligue tunisienne des droits de l’Homme a pour sa part estimé que cette décision « viole les principes fondamentaux de la liberté d’opinion et d’expression » et a appelé à son annulation immédiate.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de durcissement du régime de Kais Saied, accusé par ses détracteurs d’utiliser la justice pour faire taire ses opposants, journalistes et militants. Plusieurs arrestations récentes pour des publications en ligne jugées « offensantes » contre le président ou les institutions témoignent d’un climat de plus en plus répressif en Tunisie.